Franck Marie, résident de Mont-Cauvaire, une commune au nord de Rouen, se heurte à des difficultés majeures pour accéder à ses séances de kinésithérapie. Après une opération de l'épaule le 29 mai 2026, il doit effectuer plus de trente séances de rééducation. Malheureusement, trouver un moyen de transport est devenu un véritable parcours du combattant.
“On me recale de partout,” s'émeut Franck, âgé de 53 ans. Il a contacté de nombreux ambulanciers locaux, mais se voit systématiquement refusé, car il est jugé trop éloigné. Malgré la possession d'un bon de transport valide, il persiste à rencontrer des obstacles. “J’aborde souvent le sujet avec mon kiné et les infirmières, mais personne n’a d’explication rationnelle à me donner sur ces refus injustifiés,” explique-t-il. Pour Franck, la question semble être d’ordre économique, surtout en cette période de hausse des prix du carburant.
Actuellement, il doit se rendre à Montville, à seulement cinq kilomètres de sa maison, pour ses deux premières séances de kiné hebdomadaires qui devraient, par la suite, s'intensifier. Pourtant, sans transport adéquat, l’angoisse s’installe. “Je n’en veux à personne, mais j’attends une solution,” s’impatiente-t-il.
Des patients isolés
Franck n'est pas un cas isolé. Selon des experts du secteur, comme Stéphane Ryckebusch, président de la fédération des ambulanciers privés de Seine-Maritime, la situation est symptomatique d’un problème plus vaste au sein du système de santé français. “Les directives de la CPAM imposent des économies qui compliquent l’organisation des transports,” affirme-t-il. La géographie des patients, combinée aux exigences économiques des transporteurs, rend la prise en charge difficile. “Dans ce cas, il n'est pas économiquement viable d’envoyer un véhicule pour un seul patient,” poursuit-il.
“Nous devons trouver des solutions efficaces pour éviter que des patients comme Franck continuent à se sentir abandonnés par le système,” ajoute Ryckebusch. Une proposition serait d’orienter Franck vers un centre de réhabilitation avec un plus grand nombre de patients de son secteur afin de faciliter le transport partagé. Toutefois, cela reste délicat à mettre en œuvre.
La crise actuelle des transports médicaux met en lumière une réalité préoccupante auxquels de nombreux patients font face, exposant les failles d’un système dont l’efficacité est mise à rude épreuve.







