Christophe Barthès, le maire Rassemblement National de Carcassonne, a déclenché une onde de choc en annonçant son refus de fournir des locaux municipaux pour le consulat d’Algérie en vue des élections législatives du 2 juillet prochain. Élu en mars dernier, il a rapidement mis en avant des politiques réactionnaires qui jalonnent son mandat.
Dans une déclaration faite sur les réseaux sociaux de la ville, Barthès a justifié son positionnement en invoquant des tensions diplomatiques entre la France et l'Algérie. « Il ne me paraît pas cohérent que la Ville de Carcassonne mobilise ses moyens pour un scrutin d'un État dont les relations avec la France sont très dégradées », a-t-il écrit.
Carcassonne, un laboratoire pour l'extrême droite
Ce refus n’est pas un acte isolé. Il s’inscrit dans une série d’initiatives médiatisées par Barthès depuis son accession au pouvoir, qui comprennent des mesures jugées antisociales et identitaires. Pour justifier sa décision, il cite des cas controversés, tels que ceux de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal et du journaliste Christophe Gleizes, toujours sous le joug de la justice algérienne.
« Ma décision ne vise en aucun cas les Algériens de Carcassonne », assure-t-il. Cependant, des critiques émergent, faisant écho à des préoccupations concernant la montée de l’extrême droite. Sophie Trochet, secrétaire générale de la CGT Aude, a exprimé ses inquiétudes : « Carcassonne est en train de devenir un laboratoire pour voir jusqu’où l’extrême droite peut détruire les libertés syndicales et d’expression », a-t-elle déclaré à l’Humanité.
Ce climat de suspicion n'est pas nouveau. Barthès a souvent été critiqué pour ses propos allant à l'encontre de la diversité. À la suite de la mort tragique du jeune Thomas à Crépol, il avait été cité disant : « Le combat continue, jusqu’à ce que la racaille succombe à son tour. » Ce discours alarmant soulève des questions sur sa vision de la société et de l'inclusivité.
Un mois après son élection, il avait déjà été à l'origine d'autres polémiques, en appelant les syndicats à restituer les bureaux qu'ils occupent dans le centre-ville et en retirant le drapeau européen de la façade de la mairie. Ce démantèlement symbolique des valeurs d’hospitalité et de partage pose la question de l’orientation politique de la municipalité.







