Après un passage réussi au Portugal et en Italie, Jordan Bardella, la figure de proue du Rassemblement national (RN), se rend à Bruxelles pour rencontrer ses collègues flamands d'extrême droite. Ce déplacement, qui a lieu juste avant l'élection présidentielle de 2027, vise à solidifier ses alliances au sein de l'échiquier politique européen.
Dans le cadre de cet événement, Bardella prononcera un discours à 20H00 (18H00 GMT) au sein du Parlement flamand, une invitation émise par le Vlaams Belang, un parti belge connu pour ses positions anti-immigration et son désir d'indépendance pour la Flandre. Ce rendez-vous est considéré comme "exceptionnel" par le Vlaams Belang, qui estime que Bardella est aujourd'hui l'un des responsables politiques les plus influents du continent.
Pour le RN, cette rencontre représente une opportunité de renforcer des relations avec des partis européens qui partagent des idéologies similaires. Selon Fabrice Leggeri, eurodéputé du RN, c'est un événement crucial pour que Bardella puisse "présenter son projet et son impact sur l'Europe". Au cours des derniers mois, sa présence s'est accentuée dans divers pays, comme à Porto aux côtés d'André Ventura, leader de l'extrême droite portugaise, et à Milan avec Matteo Salvini, vice-Premier ministre italien.
Alors qu'il élargit ses horizons, Bardella a soigneusement évité de participer à un meeting à Budapest avant la défaite d'Orban aux élections hongroises, où Marine Le Pen était également présente. À Bruxelles, il se retrouvera en compagnie de Tom Van Grieken, le dirigeant du Vlaams Belang, pour une conférence de presse prévue à 15H00, précédant son discours du soir.
Le Vlaams Belang prône une politique de "remigration", c'est-à-dire un renvoi massif des étrangers et personnes d'origine étrangère. Toutefois, le RN a pris ses distances avec cette notion.
En plus de ses connexions habituelles, Bardella tente d'élargir son réseau. Il a multiplié les échanges avec des ambassadeurs étrangers, notamment des États-Unis, d'Égypte et d'Allemagne, établissant des liens qui pourraient se révéler bénéfiques pour ses ambitions françaises, comme l’a explicité Fabrice Leggeri.
Dans une démarche controversée, Bardella a déjà exprimé un intérêt pour une collaboration avec le chancelier allemand Friedrich Merz, se réjouissant de leurs "convergences idéologiques" en matière de contrôle des frontières et d'immigration, une approche qui lui a valu des critiques de l'extrême droite allemande.
Néanmoins, la présence de Bardella à Bruxelles n'est pas sans opposition. Un collectif d'associations belges a fermement dénoncé cet événement, affirmant qu'il contribue à la "normalisation" d'une idéologie incompatible avec l'égalité. Ces organisations appellent à une manifestation contre cette rencontre, prévue à 18H00, pour confronter le message du RN et des partis d'extrême droite.







