Saisies récemment, les chambres régionales des comptes ont présenté un rapport éclairant sur la santé financière de la métropole Aix-Marseille-Provence. Elles ont mis en avant plusieurs leviers à actionner pour redresser la barre financière, notamment dans les domaines des transports et des relations avec les 92 communes qui composent la métropole.
Le budget pour l'année écoulée n'ayant pas obtenu l'approbation en avril, le préfet a sollicité cette institution de contrôle qui a émis, dans un délai réduit, son avis consultatif. Cette analyse souligne que les élus restent responsables et que les projets précédemment votés ne sont pas remis en cause.
Le déficit initialement chiffré à 123 millions d'euros a été revu à la hausse, atteignant 144 millions d’euros. Ce constat alarmant met en lumière un point de tension crucial : le financement des transports, ainsi que les attributions de compensation finances entre la métropole et les communes.
Le budget des transports et les économies possibles
Le premier point abordé est le budget des transports, qui représente une part significative des difficultés rencontrées. Avec un coût global dépassant le milliard d’euros, ce poste pèse lourdement sur l'équilibre financier de l'ensemble de la métropole. La chambre souligne l'influence des politiques de gratuité mises en place pour certaines catégories de la population (comme les jeunes et les seniors), ainsi que la hausse des coûts des infrastructures, telles que la prolongation de la ligne 3 du tram. Le président de la chambre, Xavier Lefort, a déclaré à ICI Provence : "Nous observons un désajustement entre des dépenses en constante augmentation et la capacité à générer des recettes, exacerbée par des mesures de gratuité qui ne compensent pas ces charges".
Autre point de préoccupation : la fraude, estimée à 30% des voyages. M. Lefort a relevé qu'un pourcentage de fraude de 1% peut engendrer un manque à gagner pour la RTM de l'ordre d'un million d'euros.
Des reversements financiers aux communes remis en cause
Au-delà des questions de transports, la chambre régionale des comptes a appelé l'attention sur les relations financières entre la métropole et les différentes communes, dont le système d'attributions de compensation est jugé trop onéreux, avancé à un trop perçu de 178 millions d'euros. Si une restructuration est décidée, des communes telles que Marseille, Aix-en-Provence et Martigues pourraient se retrouver parmi les principales victimes d'une réduction estimée à 50 millions d'euros.
En conclusion, la chambre n'envisage pas d'augmentation de la fiscalité, laissant désormais la décision sur ces recommandations entre les mains du préfet de région, Jacques Witkowski, qui dispose de 20 jours pour réagir.







