Le ton est donné pour séduire le monde des affaires. Lors de son meeting organisé ce dimanche, Édouard Philippe a esquissé son programme pour l'élection présidentielle de 2027. Dans un contexte de finances publiques préoccupant, l'ex-Premier ministre d'Emmanuel Macron a affirmé qu'il ne comptait pas demander davantage aux entreprises, révélant ainsi son intention de maintenir un climat favorable aux affaires en France.
"Je ne taxerai pas les entreprises qui payent déjà trop d'impôts", a-t-il déclaré devant une salle presque comble à l'Adidas Arena de Paris. Loin de vouloir alourdir la fiscalité des entreprises, il a plutôt exhorté à une refonte des dépenses publiques. "Il faut baisser les dépenses sociales et supprimer les niches fiscales avant de penser à augmenter les impôts des travailleurs", a-t-il insisté.
Ces propos s'harmonisent avec les recommandations du Medef, qui envisage des mesures visant à économiser 100 milliards d'euros d'ici 2030. Cela inclut des propositions de réduction des cotisations sociales en échange d'une augmentation de la TVA ou de la CSG.
Les retraités davantage mis à contribution
Si Édouard Philippe évite de cibler les entreprises pour redresser les finances publiques, il a clairement déclaré qu'il envisageait d'imposer davantage les retraités. "Nous devons demander aux retraités de contribuer davantage au financement de notre système social", a-t-il affirmé. Cela pourrait s'avérer problématique, car la réforme sur l'âge de la retraite a déjà suscité de vives controverses.
La proposition de relever l'âge légal à 65 ans est en phase avec les attentes du patronat, qui prône un allongement de la durée de travail. Édouard Philippe, qui soutenait auparavant une montée à 67 ans, semblerait désormais s'orienter vers un âge pivot différencié. Toutefois, cela reste une mesure impopulaire, notamment après l'interruption de la réforme Borne, prévue pour 2027.
Sur le plan fiscal, Philippe n'a pas l'intention d'alourdir la fiscalité pesant sur les plus aisés, affirmant qu'il ne fallait pas "réinventer des impôts inutiles" pour les faire contribuer au redressement. Cette déclaration soulève la question de l'équilibre à trouver entre le soutien aux entreprises et la nécessité d'une solidarité accrue dans le financement du modèle social français.
En somme, Édouard Philippe se positionne comme un candidat cherchant à rassembler le monde entrepreneurial tout en jonglant avec les exigences sociales croissantes. Son programme, axé sur la pérennité des entreprises et la redistribution des efforts fiscaux, suscite de nombreuses interrogations sur sa faisabilité et son impact sur différents segments de la population.







