Le samedi 4 juillet, une marche a réuni des voix ardentes à Rochefort, appelant à la justice pour les victimes de violences sexuelles. Cette initiative, coordonnée par la Fondation des femmes et relayée par les associations locales telles qu'Ellesencia et Mouv'Enfants, a débuté depuis la rue du tribunal. Un riverain a même décidé de participer en affichant une banderole audacieuse : "Protège tes filles, éduque tes fils", soulignant l'importance de l'éducation dans la lutte contre ces violences.
Les cinquante participants ont plaidé pour l'urgence de l'adoption d'une loi-cadre intégrale, dont l'examen par les autorités gouvernementales est espéré pour octobre. Parmi la foule, des t-shirts arboraient des slogans puissants : "liberté", "égalité", "sororité". Mais au-delà des slogans, ce sont les récits de souffrances personnelles qui ont résonné, le micro dévoilant des chiffres alarmants : chaque année, en France, 94 000 femmes et 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles, et près de 86 % des plaintes pour viol finissent classées sans suite.
Émilie, une manifestante, a partagé son indignation face à cette situation : "C'est un sentiment d'impunité pour les agresseurs. On a l'impression que ce qui arrive aux victimes est banalisé." Estelle, une Rochefortaise et mère, a témoigné de son parcours, après avoir porté plainte pour des violences subies il y a une décennie. Elle déplore l'engorgement du système judiciaire qui empêche la justice d'être rendue rapidement, exposant ainsi les conséquences désastreuses sur les victimes.
Ellesencia, l'association locale créée pour aider les femmes à se reconstruire, a mis en avant une initiative de marche thérapeutique sur le GR34 en Bretagne. Camille Panier, sa présidente et ancienne victime, a exprimé son appel à une société où les victimes ne devraient pas supporter seules le fardeau de leur réhabilitation. "La violence est le produit d'un système patriarcal et nous devons changer cette dynamique", a-t-elle impérieusement souligné.
Dans les rangs de la marche, la solidarité a transcendé les âges, avec Anka, une retraitée de 76 ans, qui, bien qu'elle n'ait pas eu d'enfants, a compris l'importance de se mobiliser. "C'est l'état général du féminin. On peut progresser ou subir des préjudices", a-t-elle analysé. Mathis, un jeune militant, a appelé à une priorisation des programmes éducatifs concernant le consentement dès le collège.
A l'issue de la marche, Isabelle Gireaud, élue locale, a réitéré l'urgence d'intégrer des connaissances scientifiques sur les traumatismes dans le système judiciaire, insistant pour que l'écoute ne soit plus teintée de doute. Un nouveau rassemblement est déjà fixé pour le 6 juillet, avec l'espoir que chaque voix continue d'être entendue.
"Il vaut mieux construire des enfants solides que de réparer des adultes brisés" : une pancarte qui résumait bien l'esprit de cette mobilisation.







