Alors que les festivals de musique adoptent massivement les bracelets de paiement sans contact, l'argent liquide conserve un rôle clé face aux cyberattaques et autres pannes, se révélant être une véritable valeur refuge en période de crise.
Régler son mojito grâce à un bracelet, c'est ce qu'a fait Zoé, rencontrée au festival de musique Beauregard en Normandie. "C'est pratique et sécurisant", confie cette jeune femme de 21 ans, séduite par ce moyen de paiement, John e-cash, devenu indispensable dans les festivals depuis une décennie.
Auprès d'elle, Tom, 20 ans, renchérit : "Au moins, je ne perds pas mes billets dans la foule." Ces bracelets orange permettent un accès rapide aux concerts jusqu'à dimanche. Les événements musicaux se transforment en véritables laboratoires du futur, où les espèces ne sont plus monnaie courante. À Beauregard, une carte de paiement est fournie aux festivaliers à la journée.
Des solutions dématérialisées
Pour les participants sur plusieurs jours, la puce de paiement est intégrée directement dans le bracelet, faisant office de billet. Les festivaliers chargent un portefeuille virtuel via leur téléphone ou dans les "banques" sur place. Le paiement s'effectue instantanément, sans contact. Toutefois, un euro est prélevé à l'activation, et les fonds non utilisés seront perdus après la mi-septembre.
selon le directeur de la Monnaie de Paris, Marc Schwartz, lors d'une table ronde à Aix-en-Provence, l'utilisation de l'argent liquide est en baisse en France, représentant seulement 43 % des transactions en 2024, contre 50 % en 2022. Il décrit un scénario où l'usage des espèces diminue progressivement dans les comportements quotidiens.
La résilience face aux risques numériques
Malgré l'émergence de nouvelles méthodes de paiement, la disparition totale du cash n'est pas à l'ordre du jour, selon les experts. Philippe Laulanie, directeur général du groupement Cartes Bancaires, soutient que le cash a encore un avenir. Sa véritable force réside dans sa résilience, surtout en cas de cyberattaque.
Comme l'illustre les récents événements en Espagne et à Mayotte, le besoin d'argent liquide se révèle crucial en période de crise. "Nous le constatons quel que soit le contexte : guerres, crises sanitaires, les gens demandent plus de cash", observe Schwartz. Des pays comme ceux des Balkans, qui prêchaient le cashless, se trouvent désormais poussés à relancer leur production monétaire. La Banque de France assure qu'elle n'abandonnera jamais l'argent liquide, permettant ainsi à cette pratique millénaire de durer.







