Alors qu'une foule de vacanciers évacués attends péniblement dans l'ombre, certains n'ont plus que "un short et des claquettes". L'incendie qui a dévasté trois campings dans les Pyrénées-Orientales laisse son empreinte sur les familles touchées.
Stéphane Barbier, 34 ans, résidant de Seine-et-Marne, se retrouve sans ressources, son mobil-home étant situé en plein cœur des zones brûlées. "Nous étions partis nous promener quand le feu a éclaté, et nous n'avons pu revenir qu'avec nos vêtements légers", raconte-t-il en indiquant sa fille de 10 ans, qui n’a pour seule tenue qu’une robe jaune.
Avec près de 1.700 autres campeurs évacués, la famille est temporairement hébergée dans une salle municipale de Canet-en-Roussillon, transformée en centre d'accueil.
À l'accueil, le personnel guide les arrivants vers deux zones distinctes: à gauche, les emplacements épargnés; à droite, les sinistrés. Dans cette dernière zone, Simone, une touriste allemande de 63 ans, scrute des paquets de vêtements offerts par des habitants locaux, tandis que croissants et boissons sont proposés pour apaiser les esprits.
Cinq kilomètres plus loin, les campings Marina et Brasilia sont sécurisés par les gendarmes. Des pompiers s'affairent à éteindre les derniers foyers, tandis qu'une odeur âcre de bois calciné envahit l'air.
Partant de Sainte-Marie-la-Mer, l'incendie s'est étendu à Canet-en-Roussillon, affectant des entreprises locales et poussant 1.500 personnes à quitter précipitamment leurs activités. "Ça a brûlé tellement vite, mais heureusement, il n'y a pas eu de victimes. Cependant, la saison s'annonce difficile", estime Bernadette Margaill, comptable du camping Brasilia, qui a perdu un tiers de son établissement dans les flammes.
Sur son portable, elle montre les dégâts irréparables de la réception du camping, désormais réduite à des débris de bois et de béton. Le maire de Sainte-Marie-la-Mer, Edmond Jorda, se veut rassurant: "Nous restons prêts à accueillir des touristes et à garantir leur sécurité", assure-t-il à l'AFP.
Les restaurateurs de Canet-en-Roussillon ressentent également la situation de manière poignante. "Les touristes, et surtout les étrangers qui fréquentent nos établissements, sont essentiels. Cela aura un impact immédiat, mais nous espérons surmonter cette crise avec le temps", déclare Genia Bordovich, gérante d’une brasserie.
Le camping Saint-Marie devrait redémarrer dès lundi, tandis que le Brasilia sera fermé jusqu'au 20 juillet, un report confirmé par Pierre Regnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales. En revanche, le Marina, le plus touché de tous, n'a pas encore de date de réouverture prévue.
Au centre d’accueil, les enfants de Delphine, 34 ans, colorient des dessins pour oublier l'angoisse. Originaire d'Eure-et-Loir, elle a perdu sa caravane, et parle avec désespoir de vacances « gâchées ». Pendant ce temps, les vacanciers dont les emplacements étaient épargnés ont pu, escortés par la police municipale, retourner faire leurs bagages en début d'après-midi.







