Lors d'un entretien avec La Tribune, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a lancé un appel clair aux syndicats agricoles en plein mouvement contre la crise de la dermatose bovine et le controversé accord du Mercosur. Elle a plaidé pour une levée des barrages, soulignant l'importance d'une « désescalade de la violence ».
Les syndicats, qui rencontreront le Premier ministre cette semaine, sont déterminés à poursuivre leurs actions en réponse à des préoccupations croissantes concernant la sécurité et la viabilité fiscale de leurs exploitations, notamment face aux répercussions du traité UE-Mercosur. Annie Genevard a assuré qu'elle défendrait au mieux les intérêts français lors des prochaines discussions sur la politique agricole commune (PAC).
Elle a précisé que des annonces de Matignon étaient attendues, alors qu'elle souhaite que les organisations syndicales clarifient leurs attentes dans les jours à venir. « Les blocages actuels doivent cesser. Il est de la responsabilité des syndicats de garantir un dialogue constructif et pacifique », a-t-elle exhorté.
Des mesures pour soulager les agriculteurs
En ce qui concerne le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), qui pénalise les importations d'engrais, la ministre a affirmé avoir déjà agi pour réduire les coûts de moitié. Néanmoins, le coût annualisé pour chaque exploitation demeure élevé, à 4 000 euros. « Notre objectif est d'atteindre un coût zéro pour les agriculteurs », a-t-elle ajouté.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a également écrit à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, pour plaider en faveur d'un report ou d'une suspension du mécanisme concernant les engrais. La FNSEA, principal syndicat agricole, estime que l'impact financier du MACF pourrait s'élever à 500 millions d'euros pour les grandes cultures.
Dans le cadre des mesures spécifiques pour la France sur le traité de libre-échange avec le Mercosur, Annie Genevard a mentionné une initiative protégeant les agriculteurs français contre l'importation de produits contenant des substances interdites en Europe. Ce projet, activé par le gouvernement, nécessite l'aval de Bruxelles avant son implémentation.
Enfin, la ministre a appelé les députés à prendre leurs responsabilités, surtout à l'approche des discussions budgétaires. « L'échec de l'adoption rapide du budget suscite des inquiétudes, en particulier pour l'agriculture. De nombreux dispositifs, comme le plan viticole, sont en jeu », a-t-elle conclu.







