Le Sénat a ouvert mardi le débat sur deux propositions législatives clés concernant la fin de vie. L'une s'emploie à encadrer la légalisation de l'aide à mourir, tandis que l'autre vise à améliorer les soins palliatifs. La droite, majoritaire dans la chambre, a exprimé de fortes réserves, qualifiant le texte d'"abandon" et mettant en avant des inquiétudes quant à des répercussions sur le plan éthique.
Dans son discours, le président des Républicains, Bruno Retailleau, a mis en garde contre ce qu'il perçoit comme un risque potentiellement déstabilisant : "Malheureusement, il pourrait devenir plus facile de demander la mort que d'obtenir soin". Cette position résume les craintes partagées par certains membres du Sénat, qui craignent une "rupture anthropologique" en cas d'adoption d'un droit à l'aide à mourir.
Les discussions se poursuivront toute la semaine, avec un vote déterminant prévu pour le 28 janvier. Les deux textes examinés au Palais du Luxembourg comprennent un projet plutôt consensuel sur le développement des soins palliatifs et un autre, plus controversé, qui propose un cadre légal pour le suicide assisté et l'euthanasie. Ce dernier a été modifié par les sénateurs pour inclure des restrictions sévères, ce qui limiterait le nombre de personnes éligibles, contrairement à la version votée par les députés au printemps 2025.
La sénatrice LR Christine Bonfanti-Dossat a dénoncé la version actuelle, la qualifiant de "rupture grave et dangereuse" qui pourrait installer la mort provoquée comme un droit. Selon Le Monde, l'opposition à cette réforme provient non seulement des conservateurs mais aussi de groupes religieux qui ont publiquement exprimé leur désaccord.
Les députés de gauche, quant à eux, aspirent à restaurer les éléments du texte initial, arguant que la droite a "vidé le texte de sa substance", prévenant que sinon, le résultat pourrait être "une loi pour rien", comme l'a souligné le député Olivier Falorni, auteur de la loi d'origine.
Alors que le débat s'intensifie, les enjeux deviennent de plus en plus clairs. Emmanuel Macron avait promis de faire avancer cette réforme lors de son second mandat, et les résultats de cette discussion au Sénat pourraient marquer une étape cruciale vers un changement législatif en France, plaçant le pays au même niveau que d'autres nations qui ont déjà légiféré sur ce sujet sensible, telles que les Pays-Bas et le Canada.







