Si la relation entre la France et les États-Unis est soumise à des tensions croissantes, il semblerait illusoire d'envisager un détachement complet. De l'individu lambda aux chefs d'entreprises, la société française est profondément ancrée dans un écosystème où la superpuissance américaine joue un rôle décisif, tant sur le plan technologique que culturel.
Autrefois, le chewing-gum et le Coca-Cola incarnaient le soft power américain, mais aujourd'hui, ce sont des géants comme l'iPhone, des blockbusters cinématographiques et des chaînes de fast-food qui dominent. Toutefois, cette dépendance pose un véritable défi : au cœur des crises géopolitiques, l'influence américaine semble entraver notre capacité à agir de manière autonome.
Une dépendance numérique sans alternative révolutionnaire
Les solutions numériques requises dans notre quotidien, des systèmes d'exploitation aux services cloud, en passant par les messageries et les moyens de paiement, proviennent presque toutes des États-Unis. Cette situation a été particulièrement mise en lumière lorsque Washington a décidé d'imposer des sanctions aux magistrats de la Cour pénale internationale en 2025, qui se sont retrouvés privés de services numériques essentiels. Les experts soulignent que cette domination technologique soulève de sérieux enjeux en matière de souveraineté et de sécurité, alors que la majorité des données françaises sont hébergées sur des infrastructures américaines.
Alors que des alternatives technologiques émergent, le chemin vers une indépendance numérique demeure semé d'embûches, tant sur le plan financier que temporel. Les annonces récentes de l'UE soulignent la nécessité d'accélérer cette transition vers une autonomie numérique nécessitant des investissements massifs.
Des marchés plus complexes à pénétrer
Face à la montée des tensions commerciales, la France semble se tourner vers les marchés émergents d'Asie du Sud-Est. Cependant, ces régions restent moins accessibles en raison de barrières commerciales et d'un pouvoir d'achat limité. Les industries du luxe, de la pharmaceutique et de l'aéronautique, qui dépendent fortement des consommateurs américains, doivent naviguer dans des eaux difficiles.
Emmanuel Macron a récemment cité des projets d'ambition avec l'Indonésie, signalant une volonté de diversification. Néanmoins, la rapidité de ce processus sera déterminante.
La (grosse) dépendance des Européens aux armes américaines
Un autre aspect préoccupant est la dépendance des Européens envers l'industrie de défense américaine. Le programme F-35, par exemple, compte 13 clients et partenaires en Europe, tandis que même la France, avec son Rafale, ne fait pas exception à cette règle. L'Armée de l'air et de l'espace française exploite des drones américains, laissant les forces françaises soumises aux directives américaines pour leur maintenance et fonctionnement.
Hélène Conway-Mouret, sénatrice et experte en défense, a souligné que cette dépendance pourrait poser un réel problème en cas de conflit, laissant les Européens dans une position difficile. 'Sans un traité de non-agression, les États-Unis pourraient décider de ne pas protéger l'Europe face à une agression russe', a-t-elle déclaré lors d'une récente interview.







