Depuis leur première apparition en janvier dernier lors des vœux aux Armées, les lunettes de soleil d’Emmanuel Macron sont devenues un accessoire emblématique. Ce modèle, inspiré des aviateurs, a fait le tour du monde, notamment après le discours du président au forum de Davos, générant une multitude de mèmes sur les réseaux sociaux.
Ces lunettes, le modèle Pacific S01, affichent un prix de 659 euros et sont fabriquées par Henry Jullien, une entreprise jurassienne fondée en 1921. La création de chaque paire nécessiterait jusqu'à quatre mois de travail manuel, tandis que les verres bleutés proviennent de Dalloz, également situé dans le Jura.
Il est à noter que Macron a tenu à acheter personnellement ses lunettes, comme l’a précisé Stefano Blachir, directeur d’iVision Tech, une société italienne qui a récemment acquis Henry Jullien. Ce geste témoigne de son attachement à l’artisanat français et a contribué à faire grimper la valeur de l’entreprise.
Une communication "pas correcte" ?
Cependant, derrière ce récit de fierté nationale, se cachent des préoccupations. D’anciens employés affirment que la production a été entièrement délocalisée en Italie après le rachat, une assertion que la société italienne dément. Ce sujet brûlant a également été abordé par le président du syndicat des lunetiers du Jura, qui a dénoncé cette communication jugée "pas correcte."
Des critiques émergent, suggérant qu’au-delà du marketing, certaines productions pourraient même être transférées en Asie. Florence Bernard, licenciée depuis octobre 2024, a affirmé avoir finalisé et expédié les lunettes à l’Élysée, indiquant ainsi qu’elles symbolisaient la fin de la production en France.
Cette divergence sur l’origine des lunettes met en lumière un débat plus large sur le véritable savoir-faire en matière de luxe et de fabrication en France. La valorisation des produits made in France est-elle souvent plus une question de communication que de réalité ? Seul l’avenir pourrait le dire.







