Philippe Dessertine, arrivé troisième au premier tour des municipales à Bordeaux, derrière le maire écologiste Pierre Hurmic et le député Renaissance Thomas Cazenave, s'est forgé une réputation d'outsider déterminé. Avec 20,16 % des voix, il aspire à provoquer une surprise lors du second tour, en positionnant sa candidature comme une alternative à des mécanismes politiques établis.
Dimanche soir, bien qu'il ait exclu rejoindre ses rivaux, il reste fidèle à sa stratégie. Avec un programme que lui-même qualifie d'"extraordinaire", il se voit comme le prochain maire de Bordeaux, s'opposant aux visions écologistes et macronistes de ses adversaires.
Agé de 62 ans et docteur en gestion, Dessertine est surtout reconnu pour ses interventions en tant qu'expert économique sur les plateaux télévisés. Sa candidature, annoncée mi-septembre avec faste dans un espace de coworking, marque un tournant pour un homme qui jongle depuis des décennies entre le monde académique et le secteur privé. Selon des informations relayées par Le Monde, il possède même un château à Nérac.
En campagne, il se fait le chef d'orchestre d'une nouvelle vision urbaine, attractive pour ceux qui recherchent un retour à l'ordre dans la ville. "Je me prépare depuis des années", insiste-t-il, même si certains adversaires regrettent de ne jamais l'avoir entendu auparavant sur les problématiques locales.
Affichant une posture "sans étiquette", Dessertine met en avant des priorités telles que la sécurité et l'amélioration de la propreté à Bordeaux. En opposition aux échecs supposés de Pierre Hurmic, il aura su capter une partie de l'électorat traditionnel de la droite bordelaise qui s'est distancié du macronisme.
Dans un théâtre comble au mois de février, il a ravi son public en plaidant pour un rééquilibrage des espaces urbains en faveur de la voiture, tout en critiquant les mesures de piétonnisation qui, selon ses dires, nuisent à certaines zones de Bordeaux.
Reste à savoir si cette dynamique sera suffisante. Alors qu'il s'engage fermement sur la voie de la lutte contre la piétonnisation, certains analystes soulignent qu'il pourrait se heurter à des réalités ancrées. En témoigne la dévotion à l'égard de ses colistiers, où la loyauté familiale semble avoir pris une forme stratégique, sa femme Laurence ayant été membre active du précédent mandat d'Alain Juppé.
"Celui qui a perdu la ville il y a six ans s'appelle Thomas Cazenave", lâche-t-il, accentuant ainsi son opposition tout en ayant à l'esprit l'héritage politique de sa femme. Les tensions se cristallisent dans un contexte où la rancœur et l’ambition se mêlent, confirmant une bataille politique fascinante en cours à Bordeaux.







