Abdel Sadi, maire (PCF) de Bobigny, pourrait rencontrer des difficultés lors du second tour des élections municipales, face à une coalition de deux candidats divers centre. L'élu vise à capter le soutien des électeurs de gauche pour assurer sa majorité.
En 2020, les communistes avaient célébré une victoire éclatante. Six ans après avoir perdu leur bastion au profit de l’UDI, les communistes ont repris la ville avec 55,27 % des voix. Au premier tour des nouvelles élections, Sadi a obtenu 37,65 % des suffrages, un score semblable à celui qui l’a porté à la première place lors des dernières élections mentionnées dimanche (35,12 %).
Cela suffira-t-il à lui garantir un nouveau mandat à la tête d’une agglomération de plus de 55 000 habitants ? Jimmy Mesquita, candidat (DVC) et gérant immobilier de 36 ans, a enregistré 23,54 % des voix au premier tour, un résultat prometteur pour un novice en politique. Au second tour, il fera équipe avec Florian Bouqetyb, un autre candidat (DVC), qui a terminé en troisième position avec 15,88 % des votes.
« Nous partageons des idées similaires », reconnaît Mesquita. « Après avoir échangé avec les habitants, nous avons décidé de nous unir. Il existe une réelle dynamique dans les quartiers. » Ce père de famille, natif de Bobigny, place la sécurité et la salubrité en tête de ses priorités. « Les habitants semblent négligés et peu écoutés », déclare-t-il.
39,42 % des voix cumulées pour les candidats centristes
En totalisant 39,42 % des voix, Mesquita et Bouqetyb se positionnent efficacement contre Sadi, qui devrait néanmoins bénéficier d’un soutien à gauche. « Une gauche unie au second tour est un atout », explique Sadi, qui a constitué une nouvelle liste incluant des colistiers d’Ugo Portier (DVG), ayant reçu 7,51 % des voix, et de son adjointe Houria Guendouzi (DVG), qui en a attiré 5,17 %.
« Comparé à 2020, j'ai contribué à une augmentation de 500 voix », observe Sadi, pour qui une victoire centriste représenterait un retour en arrière. « C'est une union de deux listes de droite, proches de l’UDI », commenté-t-il. En retour, Mesquita défend : « Nous ne sommes pas liés à une étiquette et voulons rassembler autour de nos idées. Chaque soutien est précieux. »
Des élus du département, comme Jean-Christophe Lagarde, nouveau maire de Drancy (UDI), et Karine Franclet, maire d'Aubervilliers (UDI), ont exprimé leur soutien à la liste de Mesquita via un tract diffusé sur les réseaux sociaux.
Entre Sadi et le tandem Mesquita-Bouqetyb, la candidate Yasmina Chalois Ait-Ahmed (DVD), qui a récolté 10,67 % des voix, espère tirer son épingle du jeu. Elle a décidé de rester dans la course, précisant : « Nous voulons offrir une alternative aux Balbyniens, ne plus leur imposer le choix entre les UDI et les communistes. Avec notre pourcentage, chaque électeur peut mobiliser trois personnes, ce qui pourrait changer la donne. »







