Trenitalia, le géant ferroviaire italien, entre dans la compétition pour le transport de passagers dans le tunnel sous la Manche, rejoignant ainsi Virgin. La société a tout récemment révélé son intention d'ouvrir un atelier de maintenance à Maisons-Alfort, en région parisienne, et prévoit de lancer ses premiers services Paris-Londres d'ici trois ans. Ce développement marque un tournant dans la concurrence vers Eurostar, qui, jusqu'à présent, avait dominé le marché.
Les accords signés avec Virgin en octobre précédent et la confirmation de Trenitalia rendent cette concurrence plus tangible. L'objectif ambitieux d'Eurotunnel vise à atteindre 10 millions de passagers supplémentaires d'ici 2035, portant le total à 22 millions, alors même que l'infrastructure a été conçue pour accueillir jusqu'à 25 millions de passagers.
Historiquement, Eurotunnel a évoqué l'arrivée de la concurrence, mais sans réels résultats. À la différence des précédentes tentatives, les nouveaux opérateurs bénéficieront désormais de dépôts à Londres, en partage avec Eurostar pour Virgin, et à Maisons-Alfort pour Trenitalia. Ces infrastructures sont essentielles pour l’entretien des trains, que ce soit pour l'italien ou le britannique, leur permettant d'homologuer leurs opérations rapidement.
Yann Leriche, directeur général de GetLink, la maison-mère d'Eurotunnel, explique : "Nous avons créé un choc de simplification. Le délai pour entrer sur ce marché est passé de dix ans à cinq, rendant le lancement de nouveaux services beaucoup plus viable." Cette initiative vise à réduire les barrières d'entrée et à stimuler le marché.
En matière d'équipement, Eurostar prévoit l'acquisition de 30 nouvelles rames, tandis que Virgin a récemment signé un contrat pour 12 TGV auprès d'Alstom. Entre temps, Trenitalia est en pourparlers avec Hitachi pour sa propre flotte. Le début des opérations italiennes pourrait être en place dès 2029, un développement qui promet de redéfinir le paysage du transport ferroviaire sous la Manche.
Par ailleurs, cette arrivée de la concurrence pourrait ouvrir la voie à de nouvelles liaisons vers des destinations européennes clés, dominées pour l'instant par l'aviation, notamment vers l'Allemagne et la Suisse. Le trajet entre Londres et Cologne pourrait ainsi être réduit à 3 heures 45, et la connexion vers Zurich à 6 heures. Ces expansions marquent une nouvelle ère pour le transport transmanche.







