Ce mardi soir, une centaine d'agriculteurs en provenance de tout le Calvados se sont rassemblés devant le dépôt pétrolier Bolloré-Energy, situé près de la porte d'Angleterre à Caen. À bord de leurs tracteurs, ces exploitants agricoles ont souhaité faire entendre leur voix face à la flambée des prix du carburant, aggravée par les conflits au Moyen-Orient. Cette action a été initiée par la Coordination rurale, un syndicat qui s'inquiète de la situation économique des agriculteurs.
De pire en pire
Albertus Pardijs, un agriculteur de Seulline, témoigne des difficultés rencontrées par les agriculteurs depuis le début de la pandémie : "Depuis le Covid, nos charges ont augmenté de 40%. Et maintenant, avec la hausse du GNR, on est dans une situation critique. Les jeunes agriculteurs autour de nous manquent de perspectives, et c'est cela qui est préoccupant. Chaque année, on espère une amélioration, mais c'est malheureusement toujours pire." Cette déclaration souligne l'angoisse croissante au sein de la communauté agricole.
Un ultimatum avant midi
La Coordination rurale a fait part de sa demande à rencontrer la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, lors de sa présence au 80ᵉ congrès de la FNSEA, un autre syndicat, qui se tient dans le parc des expositions de Caen. Jean-Jacques Pesquerel, le responsable départemental, attend une réponse des autorités d'ici midi. Cela témoigne de la détermination des agriculteurs à exprimer leurs préoccupations directement auprès des décideurs.
Concernant la hausse des prix du carburant et les aides de l'État récemment évoquées, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, exprimait ses craintes : "Les agriculteurs sont particulièrement inquiets de l'avenir de leur métier en France. Il manque une vision, tant au niveau national qu'européen." Ses propos illustrent une réalité difficile pour le secteur agricole alors que les conséquences économiques se font de plus en plus ressentir sur le terrain.







