Comment des propriétaires se retrouvent-ils bloqués par des travaux qui ne sont pas de leur responsabilité ? C'est la question cruciale qui se pose à Gourette, une station de ski des Pyrénées-Atlantiques. Les habitants sont en proie à l'angoisse en raison d'une dalle de 4 500 m² qui pourrait s'effondrer, menaçant la structure d'un complexe immobilier.
Dans les années 80, Gourette était l'une des stations de ski les plus populaires. Aujourd'hui, le cadre a changé. Les résidents de la résidence du Valentin, qui comprend 450 appartements et 21 commerces, font face à un véritable casse-tête. Vanessa et Mathieu Hay, qui ont hérité d'un studio acheté par leurs parents, racontent : "Ce lieu est chargé de souvenirs pour nous, et nous ne voulons pas le perdre".
La plateforme en péril a mis les copropriétaires en conflit avec les autorités locales. Thierry Loustounau, ancien gestionnaire et fondateur d'une association défendant les intérêts des propriétaires, déclare : "Cette plateforme est le cœur de la station, mais elle demeure inaccessible, et les véritables dangers se cachent sous la surface". Ce sous-sol, contenant quatre niveaux de parking, présente des signes de dégradation alarmants, avec des poutres endommagées et des fers apparents.
Qui est responsable des travaux ?
L'usure du béton et les infiltrations mettent en danger ces structures essentielles. Les réparations nécessaires pourraient coûter près de 40 millions d'euros, montant que les 800 propriétaires ne peuvent pas soutenir. Thierry Loustounau répond : "Les copropriétaires ne demandent pas l'aumône, mais il est injuste qu'ils aient à tout payer. Ils seraient prêts à assumer une part des coûts, une fois que les responsables auront versé leur quote-part".
La question qui se pose alors est celle de la responsabilité. Bien que ces bâtiments soient des résidences secondaires privées, la plateforme est considérée comme un espace public. Un document obtenu révèle que, selon le règlement de 1968, "les travaux d'entretien de cet espace public seront à la charge des collectivités", désignant le département des Pyrénées-Atlantiques et la mairie comme principaux responsables.
Copropriété sous tutelle et préoccupations commerciales
Une enquête est en cours pour déterminer si le passage des déneigeuses a contribué à la dégradation. Les élus eux-mêmes semblent divisés. Christian Loustau, adjoint au Maire, déclare : "Nous ne sommes pas propriétaires de la plateforme. Des discussions sont en cours pour résoudre la situation". Cependant, le département ne veut pas soutenir financièrement l'intégralité des travaux. En attendant, le tribunal a mis la copropriété sous tutelle, entraînant la fermeture de l'esplanade, avec des conséquences économiques préoccupantes pour les commerces environnants.
Emmanuelle Strub, commerçante, exprime son inquiétude : "Nous avons enregistré une perte de 40 % de chiffre d'affaires par rapport à l'an dernier". La situation devient de plus en plus critique, et Frédéric Doré, copropriétaire engagé dans le conseil syndical, alerte : "Si rien n'est fait pour cette dalle, Gourette est vouée à disparaître".
Les charges de copropriété continuent d'augmenter. Pour tenter de débloquer cette situation complexe, un plan de sauvegarde vient tout juste d'être mis en place.







