La Normandie est particulièrement à la traîne en matière de centres de polysomnographie, ayant une capacité dix fois inférieure à la moyenne nationale. Pourtant, ces établissements sont essentiels pour un diagnostic précis des troubles du sommeil, notamment de l'apnée, qui est malheureusement sous-estimée en France.
Une étude de l’activité nocturne
Il est un peu plus de 16 heures, et pourtant, le processus pour étudier les troubles du sommeil commence. À l'unité de la Manche, à Avranches, une patiente est équipée de 18 capteurs allant de la tête aux pieds. Ces capteurs permettront de surveiller l’activité nocturne et de détecter d’éventuels problèmes.
"C'est un capteur pour qu'on analyse les ronflements," explique une infirmière. Après avoir posé ces capteurs, elle ajoute : "On leur demande l'heure à laquelle ils vont s'endormir, comme à la maison, et l'enregistrement dure entre 6 et 8 heures", ce qui signifie que si le patient s'endort à 22 heures, l'enregistrement prendra fin au plus tard à 7 heures le lendemain matin.
Pour pouvoir réaliser cet examen, aussi appelé polysomnographie, il est nécessaire que les patients soient dirigés par leur médecin traitant. Cette évaluation vise à déterminer si derrière une fatigue chronique se cache un trouble plus sérieux tel qu'une narcolepsie ou une apnée du sommeil.
Une pathologie sous estimée
"On sait qu'il y a une sous-estimation des apnées du sommeil en France," souligne Elisabeth Labourdique, cadre de santé à l'hôpital privé de la Baie. Actuellement, environ 4 % des Français souffrent d'apnée du sommeil, un chiffre qui pourrait atteindre 8 millions si l'on tient compte de l'ampleur du sous-diagnostic.
Ce sous-diagnostic, avertit un médecin ORL, peut avoir des conséquences graves. Ne pas traiter l'apnée du sommeil augmente le risque d'accidents vasculaires cérébraux, ainsi que de problèmes d'hypertension artérielle et même de diabète.
L'ouverture de deux nouveaux lits de polysomnographie à Avranches pourrait grandement améliorer la prise en charge des patients affectés par ces troubles et contribuer à réduire le nombre d'accidents vasculaires cérébraux dans le Sud-Manche.
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