Selon des informations provenant de Reuters, l'ambassadeur des États-Unis en France, Charles Kushner, et son équipe ont récemment rencontré des membres du Rassemblement national (RN) dans le cadre des préparatifs pour la présidentielle de 2027. Cette rencontre, qui faisait suite à des échanges antérieurs marqués par un soutien explicite de Donald Trump à Marine Le Pen, a pourtant mis en lumière des préoccupations économiques majeures.
Les discussions ont révélé une forte appréhension parmi les représentants américains au sujet des propositions économiques du RN, jugées peu convaincantes et potentiellement risquées pour les investisseurs. D'après des sources proches du dossier, "les avis sur la réduction d'un déficit abyssal et l'attractivité pour les investissements américains étaient inquiétants".
Américains et PDG sceptiques face aux propositions du RN
Ce scepticisme n'est pas limité aux sphères diplomatiques, mais touche également des chefs d'entreprises en France, qui s'inquiètent des capacités du RN à gouverner la deuxième plus grande économie d'Europe. Des représentants du milieu économique pointent du doigt une perception de Le Pen comme une populiste dépensière, tandis que Jordan Bardella, président du parti, tente de se positionner comme un allié des entreprises.
Parmi les propositions controversées du RN figure une politique interventionniste conçue pour augmenter le pouvoir d'achat, qui inclut une série de baisses d'impôts et de dépenses publiques. Les envoyés américains soulignent également des messages contradictoires entourant les projets de réforme des retraites, qui compliquent davantage le tableau économique du RN.
Un autre sujet de préoccupation réside dans la récente décision des députés du RN de voter pour une taxe sur les services numériques, connue sous le nom de "taxe Gafam", qui a suscité l'opposition des États-Unis et pourrait entacher davantage les relations.
Malgré ces tensions, le RN s’efforce de se repositionner et de dissiper les doutes sur son programme économique. Le 7 avril, Marine Le Pen a rencontré plusieurs PDG influents, notamment ceux de LVMH et Renault, afin de promouvoir une image plus favorable. Bardella déclare que leur programme est le plus bénéfique pour la croissance et les entreprises parmi l'ensemble du paysage politique français.
Trump avait soutenu Le Pen en mars 2025
Les désaccords économiques pourraient influencer le soutien américain envers le RN, alors qu'en mars 2025, Donald Trump avait dénoncé les condamnations judiciaires qui avaient frappé Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires. Rappelons que cette dernière avait été condamnée à une amende significative et à une peine d'inéligibilité, bien qu'elle ait fait appel, préservant ainsi sa position de députée.
Dans un post sur Truth Social, Trump avait comparé ces mesures judiciaires à une "chasse aux sorcières", exprimant son soutien indéfectible à Le Pen en déclarant : "Libérez Marine Le Pen !" Ses critiques sur la situation économique de la France et sur les accusations portées contre elle mettaient en lumière une alliance de plus en plus fragile entre le RN et l'ancien président américain.







