Lors du salon annuel des hospitaliers, des représentants des victimes ont exposé des préoccupations croissantes sur l'impunité des soignants impliqués dans des actes de violences sexuelles. En particulier, Manon Lemoine, porte-parole du collectif de victimes, a indiqué que beaucoup de collègues hésitent à s'exprimer par crainte de perdre leur emploi.
À la suite du procès du chirurgien pédocriminel Joël Le Scouarnec, condamné à 20 ans de réclusion pour avoir abusé de 298 victimes, un appel urgent a été lancé pour que des mesures concrètes soient mise en place. Des contrôles d'honorabilité plus stricts ainsi qu'une formation adéquate sont des priorités, car il est crucial d'assurer que les patients se sentent en sécurité. Le gouvernement a promis d'introduire un projet de loi prochainement pour renforcer ces contrôles, qui actuellement ne se produisent qu’au moment du recrutement.
Coraline Hingray, psychiatre spécialisée dans les violences sexistes et sexuelles, a également signalé que les instances administratives, universitaires et ordinales restent trop souvent déconnectées dans leur action. « Chaque entité pense que c’est à une autre de prendre des mesures », a-t-elle souligné lors de la conférence. Cette incohérence au sein des systèmes de contrôle complique davantage la mise en œuvre d’un cadre juridique efficace.
Dans cette optique, le ministère de la Santé prévoit d'incorporer dans les formations médicales des sessions dédiées à la sensibilisation et à la réaction face aux violences sexuelles. De plus, la France entend plaider pour une obligation de signalement lors des négociations européennes visant à renforcer la protection des enfants. Ces initiatives témoignent d'une volonté politique croissante d'affronter ce fléau ancré dans le milieu hospitalier, à condition qu'elles soient appliquées avec rigueur.







