Lancée le 12 juin 2025 dans plusieurs régions de France, l'expérimentation de la consigne du verre pour réemploi est jugée 'insuffisamment ambitieuse' par l'ONG Zero Waste France. Dans un rapport publié ce jeudi, l'organisation tire un bilan sévère de cette initiative, pointant une mise en œuvre qui ne respecte pas les objectifs fixés par les industriels et l'éco-organisme Citeo.
Seulement 350 magasins au lieu des 750 annoncés
Au lancement, Jean Hornain, directeur général de Citeo, espérait 750 magasins participant au dispositif d'ici la fin 2025. Cependant, en juin 2026, seulement 350 points de vente se sont engagés, moins de la moitié de l'objectif initial.
Ce système permet aux consommateurs de retourner leurs emballages en verre vides en échange d'une consigne de 10 ou 20 centimes, favorisant ainsi leur réutilisation. L'initiative est destinée à s'étendre à l'ensemble du territoire national.
Un réemploi largement en deçà des objectifs légaux
Zero Waste France met en avant un inventaire très limité des produits réemployables en magasin : en moyenne, seuls neuf produits réutilisables sont disponibles par enseigne. L'ONG déplore également des différences de prix pouvant atteindre le triple entre un produit en réemploi et son homologue jetable. Marine Bonavita, chargée de plaidoyer à Zero Waste France, a déclaré : "Le projet ne respecte pas l'ambition de base qui était de rendre compétitif le réemploi par rapport à l'usage unique". De plus, un manque d'information sur le dispositif et des machines de déconsignation difficilement accessibles en magasin contribuent à ce constat amer.
Un retard français sur le réemploi
Ces critiques s'inscrivent dans un cadre plus large, celui du retard de la France en matière de réemploi des emballages. Actuellement, moins de 2% d'entre eux sont réutilisés, tandis que la loi Agec, adoptée en 2020, avait fixé un objectif de 10% de réemploi d'ici 2027. Paradoxalement, neuf Français sur dix se disent favorables à la réintroduction de la consigne, selon des études de l'ONG.
Les distributeurs plaident pour une convergence des initiatives
Les résultats varient parmi les enseignes. Par exemple, seulement 8,3% des magasins Carrefour participent au dispositif ReUse. Bertrand Swiderski, directeur RSE du groupe Carrefour, a reconnu : "On n'est pas encore en vitesse de croisière, on a encore des choses à apprendre". Il précise que ReUse est seulement l'une des nombreuses expérimentations que l'enseigne mène dans le domaine du réemploi. De leur côté, les représentants de Citeo se sont abstenus de commenter cette situation pour le moment, annonçant un bilan consolidé à la fin de ce mois.







