À La Rochelle, la détermination des sans-abri et des militants associatifs est palpable. Ce week-end, plusieurs dizaines de sans-abri se sont rassemblés pour protester contre les arrêtés antimendicité mis en place par le maire Olivier Falorni. Ces manifestations visent à faire entendre leurs voix sur des mesures qu’ils jugent injustes et discriminatoires.
Durant cette nouvelle mobilisation, qui suit une première manifestation rassemblant plus d'une centaine de personnes, les manifestants ont exprimé leur mécontentement quant à ce qu'ils considèrent comme une « chasse aux SDF ». Laurent Maurisson, un homme de 54 ans vivant dans la rue, déclare : « On nous enlève le peu qu’on a : pouvoir faire la manche, avoir des couvertures ».
Des droits fondamentaux en jeu
Les protestations soulignent des problématiques plus larges. « Même la bière, on nous l’interdit. Pourquoi les gens peuvent boire en terrasse tandis que nous sommes rejetés ? », s'interroge Laurent, connu sous le nom de « Lolo ». Un autre sans-abri, prénommé Robin, 33 ans, témoigne de son expulsion par la police alors qu'il demandait de l'aide à proximité d'un supermarché, le forçant à solliciter de l'argent en dérangeant des personnes lors de leurs pique-niques.
Le cadre légal et ses implications
Les deux arrêtés en question, adoptés sous la précédente municipalité, interdisent toute forme de sollicitation dans certaines rues de la ville entre 9 heures et 22 heures. Ils limitent également la consommation d’alcool dans des zones publiques. Muriel Dumont, présidente de la Soupe solidaire, déclare : « Les SDF sont désormais chassés avec violence ». Elle a récemment été reçue par Olivier Falorni et attend de voir si leurs préoccupations seront prises en compte.
Muriel annonce une prochaine mobilisation sous la forme d’une « Nuit des allongés », un clin d'œil à l'ancienne politique de l’ex-maire Michel Crépeau. « Si la situation ne s'améliore pas, nous envisagerons d’organiser une grève de la faim », prévient-elle.
Du côté de la mairie, on conteste l'idée que ces mesures ciblent spécifiquement les sans-abri. Les autorités mettent en avant une nécessité de maintenir l’ordre public face à des plaintes récurrentes des habitants. Cependant, en mars dernier, le Comité européen des droits sociaux a jugé que ces arrêtés contreviennent à la charte sociale européenne, une opinion qui ne fait qu'ajouter au débat déjà houleux sur les droits des plus vulnérables dans la société.







