Les flammes ont dévoré des monuments historiques. Les pompiers se sont mobilisés, et souvent, les nouvelles se sont taries. Cette triste réalité illustre le sort de nombreuses églises en Europe. Récemment, la cathédrale de Kiev, endommagée par les bombardements russes, a rappelé que ces incidents sont loin d'être isolés. Des lieux comme Notre-Dame-des-Champs à Paris ou l'église de Saint-Hilaire-le-Grand à Poitiers ont également subi des attaques, témoignant d'une indifférence générale face à ces destructions.
D'après les données de l'Observatoire du Patrimoine Religieux, la France a enregistré une hausse dramatique de 112,5 % des incendies criminels visant des églises entre 2023 et 2024. Au premier semestre de 2025, 322 actes antichrétiens ont été recensés, marquant une augmentation de 13 % par rapport à l'année précédente.
Henri d’Anselme, passionné par l’histoire des cathédrales, fait remarquer : « Une cathédrale représente bien plus qu’un simple lieu de culte. C’est un symbole du génie architectural d'une civilisation ». Son expertise souligne que l'attachement à ces édifices dépasse largement le cadre des croyants. De nombreuses initiatives de sauvegarde rassemblent des bénévoles non croyants, qui voient dans ces monuments un patrimoine commun.
Selon l'OIDAC Europe, le nombre d'incendies d'églises a quasiment doublé, passant d'environ 50 cas en 2023 à 90 en 2024. En janvier 2026, dix nouvelles attaques ont été recensées au niveau européen, l'Allemagne affichant le triste record de 33 incidents.
Pour Henri d'Anselme, s'attaquer à une église ne se limite pas à dégrader des biens matériels. Ces bâtiments incarnent une autorité morale. « Certaines attaques sont opportunistes, d'autres expriment une hostilité idéologique contre le christianisme », explique-t-il.
Les violences envers les chrétiens, note-t-il, sont souvent moins médiatisées que celles visant d'autres communautés religieuses. Cette sous-représentation pourrait être due à une perception culturelle selon laquelle les chrétiens, en tant que majorité historique, seraient moins vulnérables. « Les églises deviennent alors de simples monuments, déconnectés de la spiritualité qu'elles incarnent », conclut-il.
Ce constat soulève des questions cruciale quant à la transmission du patrimoine culturel et au respect du sacré dans une société en mutation.







