Dans le tumulte des rues marseillaises, Valentin, un jeune sans-abri, fait face à l'été avec une angoisse palpable. "La chaleur, c'est insupportable. Même avec de l'eau, je ne ressens pas de soulagement", témoigne-t-il. Pour lui et ses amis à quatre pattes, l'objectif est simple : trouver un coin à l'ombre.
La vie dans la cité phocéenne, désormais étouffante, se résume à attendre la tombée de la nuit pour pouvoir respirer. "Quand le soleil brûle, il ne reste plus qu'à patienter jusqu'à ce que le vent se lève", relate Valentin, partageant son quotidien avec d'autres compagnons d'infortune.
À travers son errance, il profite des fontaines disséminées sur le Vieux-Port et La Canebière pour s'hydrater et maintenir une certaine hygiène, utilisant même le savon distribué par des maraudes comme le rappelle un rapport de France 3. "Sans cela, ce serait encore plus difficile", confessera-t-il.
Bérangère Grisoni, présidente du Collectif les Morts de la Rue, alerte sur une réalité troublante : "De plus en plus de jeunes et de femmes vivent dans la rue, et la canicule n'épargne personne. Nous déplorons déjà 228 décès en seulement quelques mois cette année". En effet, cette année, les conditions extrêmes ont déjà coûté des vies, y compris celle de deux sans-abri retrouvés morts à Argenteuil.
Les organisations caritatives tirent la sonnette d'alarme, rappelant que les températures élevées peuvent être aussi mortelles que le froid de l'hiver. "Il faut des plans canicule adaptés", revendique Francis Vernède, de la Fondation pour le logement des défavorisés. Les équipes de cette fondation vont à la rencontre des plus vulnérables pour leur offrir des boissons fraîches, leur indiquant les lieux où ils peuvent se doucher ou se rafraîchir.
Face à ce phénomène, le député LFI Paul Vannier propose des mesures audacieuses, souhaitant interdire les expulsions locatives durant la canicule et ouvrir immédiatement des places d'hébergement d'urgence. Une mesure saluée par ceux qui, comme Bastien, alternent entre l'hôtel et la rue depuis plusieurs mois, cherchant désespérément un endroit frais pour se reposer.
"Trouver de l'ombre est devenu un combat quotidien", explique ce SDF de 42 ans. Les plages, avec ses douches accessibles, représentent une échappatoire, mais l'horreur de la chaleur rend chaque interaction humaine plus complexe. "Les gens semblent plus fermés", fait remarquer Bastien, rendant la mendicité plus difficile.
Les témoignages de ces Marseillais révèlent une réalité sombre, souvent oubliée lorsque le thermomètre grimpe. Les sans-abri constituent une population à risque, et il est urgent que la société prenne des mesures concrètes pour assurer leur sécurité et leur bien-être face à l'adversité.







