La canicule actuelle a provoqué une mortalité « exceptionnelle » chez les volailles en France, impactant durement les éleveurs. Les pertes s'élèvent à plusieurs centaines de milliers d'animaux, surtout dans les fermes au sein des régions Bretagne et Pays-de-la-Loire, où les températures ont dépassé les 40 °C. Martine Cottin, vétérinaire, explique que les volailles, incapables de réguler leur température, souffrent intensément de la chaleur.
À Beauvoir-sur-Mer, l'éleveur Stéphane Delapré a déclaré avoir perdu près de la moitié de ses 4000 poules. Malgré des efforts comme l'installation de ventilateurs, les conditions climatiques extrêmes ont été insurmontables. « Nous n’avons jamais connu une telle chaleur », confie l’éleveur, visiblement abattu.
Cette crise touche des régions aux fortes densités d’élevages, selon le ministère de l'Agriculture qui, malgré l'absence de chiffres précis, a reçu des signalements de mortalité hors normes.
Les alertes viennent également de la chambre régionale d’agriculture de Bretagne, qualifiant la situation d’« extrême gravité ». Les porcs et les bovins subissent également des pertes, soulignant l'ampleur du problème.
Des tonnes et des tonnes de cadavres
Le traitement des cadavres représente une autre préoccupation. Les sociétés d’équarrissage sont débordées, incapables de gérer le flux important de carcasses. « C’est un traumatisme moral pour les éleveurs », affirme la chambre d’agriculture. Le 27 juin, 182 tonnes de cadavres à traiter ont été signalées dans les Deux-Sèvres, avec certains élevages rapportant des pertes pouvant atteindre des milliers d'animaux en une seule journée.
Le directeur d’Akiolis, une société d’équarrissage, a déclaré à la revue Réussir avoir constaté des mortalités dépassant 1000 % chez les volailles et des hausses similaires chez les porcs et les bovins ces dernières semaines. La préfecture des Côtes-d’Armor a confirmé la saturation des capacités de traitement.
Le problème du jus des poulets
La décomposition rapide des cadavres engendre des nuisances, notamment le « jus » qui s’accumule. La chambre d’agriculture recommande aux éleveurs d’ajouter de la sciure pour absorber les liquides ou de recouvrir les carcasses avec de la paille. En Bretagne, des enfouissements sont exécutés dans des fosses propres à cette opération. Au 28 juin, 49 de ces interventions avaient déjà été réalisées.
Les organisations de protection de l'environnement, dont l’association Robin des Bois, craignent que l’enfouissement massif des animaux ne pollue les nappes phréatiques et les rivières, en plus des possibles conséquences néfastes sur les sols. Un appel à action préventive pour les futurs étés est lancé, mais pour certains, il est déjà trop tard cette année.
Les préfectures assurent qu'un traitement sanitairement sûr est mis en œuvre, chaque demande étant scrupuleusement examinée. Cependant, la superposition des demandes complique la réponse rapide des autorités.







