En quelques semaines, la France a été secouée par une série d'événements tragiques, où le fatalisme semble, à première vue, s'imposer. Pourtant, ensemble, ces épisodes brossent un tableau inquiétant : celui d'un État qui peine à remplir ses obligations fondamentales. Jérémy Bouhy évoque des affaires comme celle de Lyhanna, le calvaire de Louis, ainsi que les effets dévastateurs de la canicule, illustrant une défaillance alarmante dans la protection des plus vulnérables.
Récemment, les révélations entourant l'affaire Lyhanna ont mis en lumière de sérieuses lacunes dans le système de protection de l'enfance, tandis que le tragique sort du petit Louis, décédé après un long parcours de souffrance, souligne l'effondrement du suivi des mineurs en détresse. De plus, la canicule continue de révéler notre incapacité à adapter nos infrastructures à des enjeux climatiques prévisibles. Le retour du débat sur l'euthanasie soulève également une question essentielle : avons-nous perdu notre capacité à soutenir les plus fragiles parmi nous ?
Bien que ces problématiques semblent variées, elles racontent toutes la même histoire : celle d'un État qui se consacre à des conflits périphériques alors que ses responsabilités fondamentales se sont affaiblies. Mais quelle est donc la véritable mission de l'État ?
Dans une République axée sur l'égalité, l'engagement premier de l'État est de protéger ceux qui, par leurs propres moyens, sont incapables de se défendre : qu'il s'agisse d'enfants confiés à des crèches, d'adolescents soutenus par les services sociaux, de femmes marchant seules dans des rues mal éclairées, ou de travailleurs précaires. Les plus vulnérables doivent être protégés, car la façon dont une société traite ses membres les plus faibles est le reflet de sa véritable humanité.
Repenser notre solidarité
L'impôt représente la contribution de chacun pour veiller à ce qu'aucun individu ne soit laissé pour compte dans sa vulnérabilité. Malheureusement, nos différents gouvernements successifs ont échoué à ce niveau. D'un côté, certaines factions de la droite, obsédées par la réduction des dépenses publiques, considèrent même l'implication de l'État comme suspecte, oubliant que des professionnels tels que les policiers, les enseignants en zones difficiles ou les aides-soignants incarnent la solidarité nationale.
De l'autre, une partie de la gauche s'est progressivement éloignée des questions sociales au profit de combats culturels, négligeant les enjeux cruciaux qui touchent à la vie quotidienne des citoyens. Ce tableau brossé par plusieurs experts, dont Jean Messiha, nous met en lumière les dangers auxquels la société fait face.
Le diagnostic est clair : notre État investit une énergie considérable à des luttes secondaires, pendant que ses fonctions clés s'érodent inéluctablement.
Il est impératif d'envisager une autre approche qui allie l'ordre et la justice sociale, la responsabilité et la solidarité, tout en renforçant le devoir de protection de l'État. Il est temps de dépasser les réflexes idéologiques qui entravent notre société.
La droite libérale doit revoir sa position sur l'impôt et abandonner son aversion envers l'État en tant qu'assistant, tandis que la gauche doit réaliser que les ressources collectées doivent être directement utilisées pour améliorer la qualité de vie de tous. En somme, instaurer un État providence efficace, qui soutienne ceux qui en ont besoin sans se laisser détourner par des idéologies inadaptées.







