Dans les annales de l'histoire minière, l'année 1978 reste gravée comme un tournant décisif pour le Bocage ornais. Après plus de sept décennies de production, la mine de Ferrière-aux-Étangs met la clé sous la porte, suivie de près par celle de Saint-Clair-de-Halouze, ultime témoin d'une ère de prospérité. En janvier 1979, un événement solennel et nostalgique a lieu : le dernier train de minerai s'ébranle de la gare du Châtellier. Le journaliste Julien Guillaume, de Ouest-France, était sur les lieux pour immortaliser cette scène marquante.
« Les mineurs et les cheminots étaient réunis à la gare, partageant une mélancolie palpable alors que ce convoi symbolisait l'aboutissement d'une activité florissante », rapportait Julien. À son apogée, la ligne faisait partie intégrante de la vie économique locale, expédiant quotidiennement jusqu'à quatre trains de minerai, principalement depuis les mines de Larchamp, La Ferrière-aux-Étangs, et Saint-Clair-de-Halouze. Toutefois, avec la fin de l'exploitation minière, seulement quatre trains par semaine circulaient sur cette ligne.
Il restait alors 400 000 tonnes de minerai à transporter, mais à peine 990 tonnes seront finalement utilisées, insuffisantes pour relancer l'industrie locale, alors en déclin. Ce dernier convoi, comportant dix-sept wagons, s'intéressait à l'usine de Mondeville, un témoin de l'ère industrielle révolue.
En outre, l’avenir de la ligne Paris-Granville posait question. À cette époque, la SNCF envisageait la fermeture de certaines sections, dont la bifurcation de Cerisy-Belle-Étoile. Les prévisions étaient inquiétantes pour les lignes Flers-Domfront et Flers-Caen, défendues avec ferveur par les habitants et chefs d’entreprise, qui pressaient pour le maintien de ces infrastructures vitales pour les échanges commerciaux.
« Ce n'est pas seulement une question de transport, mais d'identité régionale », affirmait un expert en économie locale. Par ailleurs, la quête d'un nouveau partenaire économique a permis de maintenir une activité sur certains tronçons, offrant un semblant d'espoir face au déclin apparent. Le transport de câbles par l’usine ACOM de Mortain représente un exemple de résilience, une lueur d’espoir pour un territoire en quête de renouveau.







