Le passage de la tempête Goretti a laissé des traces profondes sur les terres agricoles du Cotentin, provoquant des dommages importants et suscitant des appels à la solidarité. Sandrine, maraîchère à Surtainville, témoigne des ravages : "Sur nos huit serres, une est écroulée et quatre sont touchées", déplorant des pertes déjà chiffrées à 2.000 euros.
Face à ces défis, la question de l'assurance se pose avec acuité. Sandrine souligne la difficulté pour les maraîchers diversifiés de se faire assurer, ajoutant : "Quand nous trouvons un assureur, les coûts sont exorbitants, et les démarches pour obtenir un remboursement sont complexes." David Levoy, un autre maraîcher de Surtainville, partage cette préoccupation, mais met également en avant l'importance de l'entraide. "Dans les moments difficiles, nous découvrons une solidarité incroyable," explique-t-il avec optimisme.
À Vasteville, près des Pieux, Elisa Lebasnier révèle que les frais de remise en état pourraient atteindre 50.000 euros, compromettant ainsi la pérennité de son exploitation. "Chaque culture a sa valeur, et assurer une variété si riche devient un vrai casse-tête," confie Tony Georgette, également maraîcher, mettant en exergue les réalités tragiques de la profession.
Pour atténuer les pertes, un couple d'agriculteurs de Vasteville a lancé une cagnotte en ligne, espérant restaurer leur outil de travail. "Cette saison était la première où nous pouvions nous verser un salaire," énonce Tony, visiblement accablé par les circonstances.
Du côté de la cidrerie du Père Mahieu, Aurore Pismont évoque une toiture endommagée, engendrant des pertes potentielles de 40.000 euros. De plus, la destruction d’une cinquantaine de pommiers représente un coup dur pour l’entreprise.
Pour soutenir les agriculteurs sinistrés, la chambre d'agriculture de la Manche a instauré une permanence téléphonique, recevant déjà une soixantaine d'appels, principalement du nord du département. François Rihouet, président de cette institution, a déclaré : "Nous maintenons cette ligne ouverte pour répondre aux urgences et accompagner ces agriculteurs dans la mise en œuvre des aides possibles." L'état de catastrophe naturelle pourrait être une lueur d'espoir dans cette épreuve, mais le chemin vers la récupération demeure long et semé d'embûches.
Il est essentiel que la communauté se mobilise pour soutenir ces agriculteurs, non seulement par des dons mais aussi en maintenant leurs marchés ouverts, afin de garantir la continuité de leurs activités face à des pertes catastrophiques.







