Dimanche dernier, des milliers de manifestants, principalement issus des rangs catholiques conservateurs, se sont réunis à Paris pour la “marche pour la vie”. Ce rassemblement a été organisé dans un contexte où l'examen d'une loi sur la fin de vie, qui pourrait introduire l'euthanasie, reprend cette semaine au Sénat.
La marche, qui a débuté à 14 heures place Vauban, a attiré, selon les organisateurs, près de 10 000 participants. Cette mobilisation souligne un profond désir de défendre une vision de la vie que beaucoup jugent menacée par le projet de loi actuel.
Marie-Lys Pellissier, porte-parole de la marche, a qualifié le projet de “basculement civilisationnel”, précisant que “le médecin est là pour soigner, non pour donner la mort”. Elle a insisté sur l'importance de garantir la dignité des plus vulnérables, en plaidant pour un soutien accru aux soins palliatifs plutôt que pour l'introduction de l'euthanasie, qu'elle considère comme une menace pour ces soins.
Mgr Dominique Rey, évêque émérite de Fréjus-Toulon, a également pris la parole, dénonçant le projet de loi comme un détournement du rôle fondamental du corps médical : “Là où la vie cesse d'être inviolable, l'homme perd sa liberté”, a-t-il affirmé.
Les discussions au Sénat, initialement repoussées à cause de l'instabilité politique, sont censées commencer mardi, avec un vote solennel prévu pour le 28 janvier. Dans les jours qui suivront, l'Assemblée nationale devrait également se pencher sur le sujet. Actuellement, deux propositions de loi coexistent : l'une se concentre sur l'amélioration des soins palliatifs, tandis que l'autre vise à établir une aide à mourir.
Guillaume de Thieulloy, président de la marche, a mentionné que “si l'euthanasie est adoptée, cela marquera la mort des soins palliatifs”. Il a appelé les sénateurs à instaurer des “garde-fous”, comme des délais de réflexion, pour encadrer une éventuelle légalisation.
Les participants ont exprimé leurs préoccupations, certains évoquant le besoin de s'opposer fermement à ce qu'ils considèrent comme une injustice masquer par une apparente “compassion”. Marie, 17 ans, en école d'infirmière, a partagé son engagement : “Je suis là pour montrer qu'il y a des jeunes qui défendent la vie, que la vie n'appartient à personne.”
Jean-François De Wilde, âgé de 75 ans, a également exprimé des craintes face à ce projet de loi, le qualifiant de “retour en arrière de la civilisation”. Selon lui, après avoir légalisé l'IVG, le gouvernement s'attaque maintenant à l'autre bout du cycle de vie.
D'autres revendications ont également été portées lors de la manifestation, telles que le développement d'un “grand plan soins palliatifs”, la défense de l'objection de conscience pour le personnel de santé, et l'encouragement de l'accouchement sous X. L'an passé, la marche avait déjà été marquée par des préoccupations liées à l'avortement, attirant entre 4,300 et 15,000 participants selon les sources.







