Le groupe Renault s'apprête à entrer dans un secteur nouveau et sensible : la fabrication de drones militaires. Cette initiative a été confirmée par le magazine l'Usine Nouvelle, précisant que l'usine située au Mans (Sarthe) sera l'une des premières à se lancer dans cette production. À partir de juin prochain, une série de tests sera effectuée avec une dizaine de drones, mais l'incertitude demeure quant à la mobilisation des effectifs et l'adaptation des lignes de production. Par ailleurs, des discussions sont en cours pour intégrer l'usine de Cléon (Seine-Maritime) à ce projet, où l'on envisage la fabrication des moteurs.
Le projet de Renault s'inscrit dans un contexte où le ministère des Armées vise une production massive de drones d'ici 2025. Ce nouveau tournant a suscité de vives réactions chez les partenaires sociaux, notamment la CGT, dont le délégué syndical Pascal Le Manach a exprimé son indignation. Selon lui, "produire des drones militaires, c'est produire des engins meurtriers". Il met en avant la possibilité que ces drones servent à des actes de violence, ce qui soulève des préoccupations éthiques au sein du personnel.
La CGT a également appelé à des garanties pour les salariés qui refusent de se lancer dans cette production. Ils demandent à être réorientés vers d'autres projets au sein du groupe, arguant que la mission principale de Renault devrait être de concevoir des véhicules pour le bien des populations. Ce point de vue a été largement relayé par plusieurs médias, soulignant l'importance d'écouter les préoccupations des salariés sur des sujets aussi sensibles.
Dans un document interne, la direction de Renault a précisé qu'elle ne serait responsable que de la fabrication de la structure des drones, soulignant la forte croissance du marché mondial dans ce domaine. En résumé, tandis que Renault s'aventure vers une nouvelle ère de production, un débat intense s'engage sur la moralité et l'avenir de cette décision.







