Boualem Sansal : libéré et inquiet pour sa famille

L'écrivain franco-algérien évoque ses peurs et son désir de réconciliation.
Boualem Sansal : libéré et inquiet pour sa famille
Boualem Sansal était l’invité de France 2 ce dimanche soir. (©THIBAUD MORITZ/ AFP)

La voix de Boualem Sansal, l'écrivain franco-algérien âgé de 81 ans, résonne enfin après un an d'absence. Libéré le 12 novembre dernier, il s'est confié lors d'une interview sur France 2 et dans Le Figaro sur ses angoisses et ses aspirations.

« Retrouver une vie d’homme libre est compliqué », a-t-il exprimé, notant qu'après tant de temps derrière les barreaux, chaque symbole de liberté, chaque odeur et chaque son semblent chargés de nouvelles significations. À l'aise en santé, il a attribué cela à un suivi médical de qualité. Déjà loué pour sa volonté de réconciliation, Sansal a souligné son engagement envers le dialogue entre la France et l’Algérie, tout en révélant les motifs politiques derrière son emprisonnement. Selon lui, sa détention serait en partie liée aux positions de la France sur le Sahara occidental.

« J’ai compris que c’était la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental par la France qui avait particulièrement avivé les tensions », a-t-il déclaré lors de son entretien. Cette position a exacerbé le froid diplomatique existant entre Paris et Alger, une situation révélatrice des complexités géopolitiques toujours en jeu.

Dans ce contexte délicat, l’écrivain a évoqué ses craintes pour sa famille, déclarant : « Si je retourne en Algérie avec mon épouse, j'ai peur que cette fois on arrête aussi mon épouse. » Sa peur souligne les défis auxquels font face ceux qui osent critiquer le gouvernement algérien. Les témoignages de nombreux experts, qu'ils soient journalistes ou universitaires, pointent du doigt la persistance de pratiques répressives dans le pays, mettant en lumière un nombre alarmant de détenus politiques, comme Christophe Gleizes, toujours incarcéré.

Enfin, il a exprimé sa reconnaissance envers ceux qui ont plaidé pour lui, en mentionnant même l’homme politique Bruno Retailleau, tout en rejetant l'idée que son influence ait été déterminante dans sa libération. Avec une intonation d'espoir, Sansal reste ferme dans sa conviction que la réconciliation est possible, tant pour l’Algérie que pour ses relations avec la France.

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