À peine 24 heures après l'annulation de droits de douane par la Cour suprême, Donald Trump a annoncé un nouveau taux de 15 % sur ces mesures, renforçant ainsi sa politique commerciale controversée. El País souligne que « Trump démontre une fois de plus l'erraticité de sa politique économique ». Initialement, le président avait fixé le taux à 10 %, avant de revenir dessus en raison des répercussions d'un jugement qui a mis à mal ses précédentes positions.
Sa déclaration a été faite via son réseau social Truth Social, où il a affirmé : “En tant que président des États-Unis, je vais immédiatement augmenter les droits de douane mondiaux au taux pleinement légitime de 15 %”. Posé sur des bases juridiques d’une loi de 1974, ce changement est censé atténuer un “déficit mondial”. Les droits ne pourront cependant être appliqués au-delà de 150 jours, sauf intervention du Congrès.
Visiblement vexé par la décision des juges, Trump a précisé avoir pris cette décision “suite à un examen approfondi et détaillé” de l'arrêt qui avait été perçu comme “ridicule et antiaméricain”.
Impact sur le commerce mondial
Malgré le verdict de la Cour suprême qui a statué par une large majorité contre la légalité des droits de douane, le président semble déterminé à poursuivre cette stratégie, qui a atteint des niveaux historiques depuis les années 1930. Selon The New York Times, « les droits de douane sont présentés comme une solution contre la mondialisation », mais les premiers résultats économiques ne lui sont pas favorables.
“Ces mesures n’ont pas contribué à relocaliser la production, mais ont plutôt perturbé les échanges commerciaux, nuisant aux entreprises américaines”, conclut le journal.
Avant même cette nouvelle annonciation, les marchés mondiaux et les gouvernements évaluaient déjà l'impact de la décision judiciaire. Fortune rapporte que ce “feuilleton” des droits de douane a considérablement perturbé les relations commerciales de l'économie mondiale, nécessitant un ajustement rapide par les acteurs du marché.
Réaction en Europe
Au niveau européen, la prudence est de mise. Emmanuel Macron a évoqué l’importance des “pouvoirs et contrepouvoirs” dans les démocraties et a exprimé son engagement à “continuer à exporter dans le respect des règles”. Toutefois, c’est au chancelier allemand que reviendra la tâche de clarifier la position de l’UE, tandis que Friedrich Merz a affirmé que les États membres se coordonneront pour établir une réponse commune face à cette nouvelle donne.
Carsten Brzeski, économiste en chef chez ING Allemagne, a déclaré à Deutsche Welle que cette décision, couplée à la réaction de Trump, a semé le doute sur la solidité de l'accord commercial entre les États-Unis et l’UE. Son analyse souligne que “l'administration Trump est désormais affaiblie, et l’UE pourrait adopter une politique plus rigoureuse à l'avenir”.







