Claude Muhayimana, un Franco-Rwandais, a été condamné à 14 ans de prison pour complicité dans le génocide des Tutsi, par la cour d'assises d'appel de Paris. En 2021, il avait déjà été reconnu coupable de ces crimes, mais la décision a suscité des débats récurrents sur la justice internationale et son efficacité.
À 65 ans, Muhayimana, qui travaillait comme chauffeur à Kibuye, a été accusé d’avoir transporté des membres des gendarmes et des miliciens Interahamwe, responsables des massacres qui ont fait des dizaines de milliers de victimes. Lors de l'annonce de sa peine, il est resté impassible, visiblement choqué, avant d'être escorté vers la prison de Fresnes.
Les avocats de Muhayimana, Mes Reda Ghilaci et Hugo Latrabe, ont exprimé leur intention de contester cette décision, arguant que des témoignages contradictoires avaient émergé durant le procès. « Nous allons porter cette affaire devant la Cour de cassation », déclarent-ils, soulignant une incohérence dans le traitement des anciens témoins.
Alain Gauthier, cofondateur du Collectif des parties civiles pour le Rwanda, s'est exprimé sur cette décision, affirmant qu’elle marque un jalon important pour les victimes : « Ce procès ne doit pas être perçu comme un simple acte de justice, mais comme une étape vers la reconnaissance des atrocités passées. »
Muhayimana, qui a fui le Rwanda après le génocide et est arrivé en France en 2001, a été naturalisé en 2010. La peine de 14 ans impose en effet une réflexion sur la responsabilité individuelle et l'importance de la justice pour des crimes d’une telle gravité.
Les tribunaux français ont déjà jugé plusieurs Rwandais sous la compétence universelle. Dernièrement, l'ancien médecin Sosthène Munyemana a été condamné à la même peine pour son rôle dans ces événements tragiques. Les victimes de ces atrocités, représentées par des organisations comme le CPCR, continuent de revendiquer justice et reconnaissance.
Le procès en appel du docteur Eugène Rwamucyo, qui a reçu 27 ans pour des faits similaires, souligne l’urgence de traiter ces dossiers avec sérieux et diligence. De nombreux experts soulignent la nécessité d'une justice réparatrice pour tourner la page d'une période sombre de l'histoire.







