Allez vas-y Phoenix !
Dans la salle d’entraînement de Nosaïs, au sein de l'école vétérinaire de Maisons-Alfort près de Paris, Corinne encourage sa chienne. Le border terrier de 6 ans s'élance pour renifler chaque trou d'une machine en moins de 5 secondes.
Comme Phoenix, d'autres chiens testent leur capacité à détecter des mélanome. La machine leur soumet, de manière aléatoire, des tubes contenant des cellules saines ou cancéreuses,
explique Capucine Gallet, éthologue et bénévole.
Une fois, Phoenix s'est attardée sur le trou numéro 6. Elle l’a marqué, donc elle pense que c’est positif,
précise-t-elle, consultant sa tablette pour confirmer. Si le chien estime que c’est négatif, il ne traîne pas et monte sur l'estrade, où il est récompensé dans les deux cas.
Les cellules, immersées dans un surnageant rose fluo, proviennent de l'Institut Gustave Roussy, avec lequel Nosaïs collabore pour cette recherche. Il y a des cas isolés qui montrent que les chiens peuvent sentir quelque chose face à un mélanome, même si la molécule reste inconnue,
partage la Professeure Caroline Robert, dermatologue et coautrice de l'étude intitulée « Ask my dog. Is it Mélanoma ? »
Nous tentons de vérifier cette hypothèse à plus grande échelle.
Capucine ajoute : Il s’agit d'une preuve de concept pour évaluer un taux de réussite sur un petit échantillon.
Cette initiative n'est pas une première pour Nosaïs, fondée en 2017 par le Professeur Dominique Grandjean, vétérinaire à la retraite, qui vise à développer la recherche scientifique sur la détection biomédicale grâce à l’olfaction canine.
L'association a gagné en notoriété mondiale, notamment pour ses recherches sur le Covid-19.
Forte de l’appareil olfactif des chiens, qui compte environ 250 millions de récepteurs contre 5 millions chez les humains, l'équipe de Nosaïs a su gagner le soutien de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), entraînant ainsi des chiens avec l'espoir de transformer ces capacités en outils de diagnostic.







