L’Eure a officiellement rétabli la limitation à 90 km/h sur l’ensemble de ses routes départementales, hors agglomération, devenant ainsi le 52e département à faire usage de la faculté autorisée par la loi d’orientation des mobilités de 2019. Cette loi offre aux exécutifs départementaux la possibilité de revoir la limitation de vitesse sur les routes secondaires, couvrant environ 400 000 kilomètres.
Instaurée le 1er juillet 2018 par l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, la mesure visait à réduire les accidents mortels. Toutefois, elle a également provoqué un mécontentement palpable qui avait alimenté le mouvement des Gilets jaunes. Selon plusieurs études, les routes concernées par cette limitation connaissent une baisse de la gravité des accidents plutôt qu’une diminution significative de leur fréquence.
Depuis la mise en place de cette réglementation, plus de la moitié des départements français ont décidé de revenir, soit partiellement, soit totalement, sur la limitation à 80 km/h. Ceci pose la question de l'harmonisation de la réglementation, alors que de nombreuses associations d'automobilistes dénoncent les disparités entre les départements.
D’après une enquête récente menée par l’Institut des Mobilités, les avis divergent parmi les usagers de la route : si certains soutiennent que retrouver le 90 km/h est un bon compromis pour la fluidité du trafic, d’autres estiment que cela pourrait compromettre la sécurité routière. Jean-Pierre, un expert en sécurité routière, estime que « le retour au 90 km/h doit être accompagné de mesures de sensibilisation pour garantir que les conducteurs restent prudents ». Ces retours aux limitations de vitesse traduisent une volonté manifeste des départements d’adapter leur politique routière aux attentes des automobilistes tout en continuant à privilégier la sécurité sur les routes.







