Le projet d'extension des serres de tomates d'AgroCare à Isigny-le-Buat suscite une vive révolte de la part des résidents. Ce samedi 28 février 2026, entre 300 et 400 personnes se sont mobilisées pour faire entendre leur voix et exprimer leur désaccord avec cette initiative qualifiée d'aberrante.
Les tomates, cultivées hors sol dans des serres chauffées et alimentées au gaz, n'ont pas le soutien des manifestants. Déjà opposés à l'existence de 12 ha de serres, ils s'insurgent contre l'ajout de 16 ha supplémentaires. Cette demande d'autorisation, soumise à la préfecture en juillet 2025 après un premier rejet, attend actuellement une réponse des autorités, alors que les citoyens ne comptent pas rester silencieux.
Une aberration agricole et environnementale pour ces manifestants
À Isigny-le-Buat, le terme "aberrant" revient fréquemment dans les discours des manifestants. La mobilisation, initiée par la Confédération paysanne, met en lumière des méthodes qu'elle considère anti-écologiques. La porte-parole de la confédération, Nassima Sabri, déplores : "Ces serres utilisent des techniques artificielles; les tomates sont cultivées dans de la laine de roche et nécessitent des apports de nutriments. Cela entraîne une consommation d'eau excessive, éloignant ce projet de l'agriculture durable."
Les habitants s'inquiètent également de la qualité de la nourriture qu'ils consomment. Certains, engagés pour une agriculture durable, dénoncent : "Il est essentiel de cultiver des légumes en plein sol, pour un goût authentique." Les manifestants évoquent également l'impact environnemental, avec des serres allumées nuit et jour perturbant l'écosystème local.
Critiques sociales autour de l'entreprise
Au-delà des préoccupations environnementales, les conditions de travail des ouvriers, souvent issus de l’immigration, sont aussi au cœur des critiques. Des témoignages dévoilent des situations difficiles : "Les horaires sont épuisants, atteignant jusqu'à 60 heures par semaine avec des salaires de misère," explique Véronique, cadre de la CGT. La syndicaliste Laetitia ajoute : "Les conditions de logement sont inacceptables, les ouvriers vivent souvent entassés."
Dans cette lutte, les manifestants espèrent non seulement que la préfecture refusera le projet d'AgroCare, mais également qu'ils attireront l'attention des candidats aux élections municipales sur cette question cruciale. Ils souhaitent rappeler aux élus la nécessité d'une agriculture éthique et respectueuse de l'environnement et de la liberté des travailleurs.







