Les températures exceptionnelles de ce mois de février ont surpris les botanistes et les amateurs de jardinage. Selon Bénédicte Wenden, scientifique à l’Institut national de la recherche agronomique, ces conditions climatiques inhabituelles incitent les plantes à réagir, avançant ainsi leur floraison. Ce phénomène pourrait toutefois avoir des conséquences néfastes dans les mois à venir.
Les jonquilles, avec leur teinte jaune éclatante, sont les premières à fleurir, créant une atmosphère printanière en avance. Alors qu’elles apparaissaient traditionnellement pendant les vacances de Pâques, elles sont désormais visibles dès le mois de février. Wenden fait état d'un paradoxe historique : « Étant enfant, leur floraison marquait le passage à la période des vacances de Pâques, mais cette année, elle advient avant même la fin des vacances d’hiver. »
Les températures ont fortement augmenté ces derniers jours, atteignant des records impressionnants, comme 20,1 °C en Ille-et-Vilaine et jusqu’à 29,5 °C dans les Pyrénées-Atlantiques. « Ces variations extrêmes par rapport aux moyennes saisonnières sont remarquables », déclare Wenden. Ce qu’elle décrit comme un « faux printemps » pourrait nuire aux plantes, qui, bien que stimulées par cette chaleur, se mettent en danger face à des périodes de gel encore possibles.
Des plantes plus exposées au gel
La question se pose alors : faut-il célébrer ces fleurs précoces ? Pas nécessairement. Wenden souligne que, bien que en période de dormance, les plantes bénéficient d’une protection naturelle, une fois qu’elles commencent à fleurir, elles deviennent vulnérables. « Les gelées tardives pourraient engendrer des pertes significatives, comme cela s’est produit en 2020 et 2021, menaçant la récolte des arbres fruitiers », prévient-elle.
Sur le terrain, des arboriculteurs expriment leur inquiétude. Comme le rappelle l’experte, « nous marchons sur un fil d’équilibriste, car les producteurs souhaitent être les premiers sur le marché avec des variétés précoces, malgré les risques associés. »
Le changement climatique ne laisse pas d'alternative : il impacte les cultures en France, notamment la viticulture qui se déplace vers le nord. Wenden mentionne que les pêchers sont récemment observés plus au nord, dans la région de Bordeaux, en notant que la température n’est pas le seul facteur à considérer, l'humidité joue un rôle tout aussi crucial.
Les épisodes météorologiques extrêmes, fréquents aujourd’hui, obligent la nature et les agriculteurs à s’adapter pour survivre à ces nouvelles conditions. Comme le souligne Wenden, les défis ne cessent d’augmenter pour préserver la biodiversité et les récoltes.







