Quel est l’impact du réchauffement climatique sur le quotidien et la santé des agriculteurs ? Un baromètre inédit, conçu par Caroline Véran, fondateur du Cliseve© Agri France, vient de dévoiler ses résultats, soulignant l’inquiétude croissante au sein du secteur agricole.
Le changement climatique n’affecte pas seulement la production, mais constitue également une source de souffrance pour ceux qui travaillent dans les champs. Les agriculteurs constatent des conséquences directes sur leurs cultures : des vignes et vergers plus fragiles, des pâturages sursaturés ou asséchés.
« Qui se préoccupe de la santé morale des agriculteurs ? », interpelle Caroline Véran, qui note que la discussion ne tourne souvent qu'autour des investissements nécessaires, comme les semences adaptées ou des techniques d'irrigation. Pourtant, les préoccupations liées à la santé des travailleurs sont trop peu considérées.
Selon les données recueillies auprès de 2 600 agriculteurs, un sentiment partagé de menace pour l'environnement émerge, quelle que soit leur situation. Que ce soit les exploitants établis ou les jeunes entrepreneurs, tous confirment leur préoccupation face aux effets des changements climatiques. Une viticultrice témoigne : « Je ressens une tristesse profonde. Tout meurt trop vite. La nature s'effondre, et cela m'attriste. »
Des ressentis en commun quel que soit le profil
Les résultats montrent une préoccupation globale face à une réalité de plus en plus tangible. Les agriculteurs sont tous conscients que l’activité humaine est responsable de cette crise climatique. Leurs préoccupations vont au-delà de la pénibilité du travail sous un climat en mutation.
Les conditions de travail deviennent de plus en plus fatigantes, et les symptômes liés à la chaleur, tels que des maux de tête et des coups de chaleur, portent à conséquence. Un responsable des ressources humaines en viticulture note que certains salariés, déjà exposés à ces risques, voient leurs journées réduites et leurs salaires en conséquence, générant un sentiment d'inégalités croissant.
Un sentiment d’impuissance
Au-delà des chaleurs extrêmes, d'autres risques, comme les menaces infectieuses et la santé mentale, s'accumulent, provoquant chez les agriculteurs un sentiment d'usure et d'impuissance. Caroline Véran précise : « Nous recevons régulièrement des témoignages d'inquiétude allant de la démotivation à des doutes profonds sur l'avenir. »
Il est donc temps de repenser l’organisation du travail en agriculture, préconise le baromètre. « Il faut anticiper les périodes à risque et adapter les rythmes de travail pour garantir la sécurité et le bien-être des agriculteurs », conclut-elle. Ce message s'adresse aux acteurs des politiques publiques, qui doivent impérativement intégrer ces réalités dans leur agenda, comme l'a souligné l'Anses il y a huit ans.
Avec une action prompte et des stratégies adaptées, il est encore possible d'atténuer les impacts néfastes du changement climatique sur ce secteur vital.







