Ce vendredi 13 mars, l'association Cérader, dédiée à l'aide des victimes de l'amiante, a procédé à l'inauguration d'un arbre et d'une stèle en mémoire des victimes à Saint-Capraise-de-Lalinde. Ce lieu, situé au cœur du secteur industriel bergeracois, a suscité des émotions parmi les nombreux malades présents.
Les participants vivent dans l'inquiétude permanente liée à des maladies telles que le cancer du poumon ou des maladies pulmonaires. Une centaine d'anciens salariés des industries exposées à l'amiante ainsi que des proches de victimes se sont réunis pour ce moment fort, au bord du canal de Lalinde.
Un emplacement symbolique
Le choix de ce lieu n'est pas anodin. À quelques mètres de la route reliant Bergerac à Lalinde, Jean-Marc Ségurel, président de Cérader, a souligné l'importance symbolique de cet emplacement. "C'est un symbole fort pour nous, car nous sommes entourés de quatre sites industriels historiques, où les principales victimes de l'amiante se sont retrouvées", a-t-il déclaré.
Cérader aspire à transformer cet espace en un lieu de mémoire pour "toutes les victimes de l'amiante, y compris celles venant d'autres régions comme Paris, Normandie ou le Sud". Depuis sa création en 2003, l'association a perdu environ 150 membres à cause de maladies liées à l'amiante, dont quatre depuis le début de l'année.
Amiante, une menace omniprésente
Nombre des témoins de cet hommage ont travaillé dans les industries locales. Patrick, avec ses cheveux gris et son sweat bleu, raconte avoir passé 33 ans chez Eurenco : "Chaque jour, je faisais le tour de la poudrerie. Nous n'avions pas de masques de protection, et l'amiante était partout. Il est difficile de déterminer où l'on a été contaminé."
Lorsque ses collègues ont commencé à tomber malades, un suivi médical a été instauré. "Il y a 12 ans, j'ai appris que j'avais une plaque pleurale", dit-il, conscient du risque que sa santé demeure précaire.
Vivre avec l'anxiété
La plaque pleurale est souvent le premier signe d'intoxication à l'amiante, indiquant une contamination des poumons. Patrick admet vivre chaque jour avec l'angoisse d’un éventuel cancer : "On vit dans la peur. Quand j'ai eu une bronchite récemment, j'ai immédiatement demandé un scanner. Cela me hante, chaque petit symptôme peut être signe de quelque chose de grave." Cette atmosphère de crainte révèle l'impact psychologique profond que laisse l'exposition à l'amiante.
Les témoignages poignants de cette cérémonie rappellent l'importance de la mémoire collective face à une tragédie qui a touché tant de vies. Les anciens salariés et leurs familles continuent de se battre pour la reconnaissance de leur souffrance et l'importance des mesures de prévention pour éviter d'autres tragédies similaires.







