Ce vendredi 13 mars 2026, la cathédrale Notre-Dame de Rouen a accueilli une messe dédiée à la mémoire des victimes des abus sexuels au sein de l'Église. Cet événement s'inscrit dans une journée nationale de recueillement qui a touché tous les diocèses de France, au moment où les révélations concernant des sévices dans les établissements lasalliens de Rouen continuent de faire écho.
Cette messe, célébrée à midi dans la chapelle Jeanne-d'Arc, a été marquée par des émotions fortes, notamment à la lumière des récentes révélations évoquées par des anciens élèves d'écoles gérées par la congrégation des Frères des écoles chrétiennes. Des enquêtes indiquent que quatre établissements dans le diocèse de Rouen sont concernés, totalisant 28 victimes.
Lors de la cérémonie, une plaque commémorative des abus passés, installée en 2022, a été dévoilée. L'archevêque de Rouen, Dominique Lebrun, a souligné l'importance de reconnaître les fautes commises par l'Église : "C'est crucial de comprendre ce que nous avons mal fait et d'apprendre des leçons du passé". Son discours a évoqué la 'toute-puissance' des clercs qui, par le passé, a souvent mené à la dissimulation des victimes pour protéger l'institution, un récit que Dominique Belœil, directeur de l'enseignement catholique, a qualifié de "vraie honte".
Françoise Langlois, membre de la cellule d'écoute mise en place par le diocèse il y a une décennie, a commenté : "Cette messe marque une étape importante vers la réhabilitation des victimes, un moyen de retrouver leur place au sein du peuple catholique". Ces mots résonnent profondément dans une communauté catholique déjà ébranlée par des scandales, notamment ceux concernant l'abbé Pierre.
En réponse à l'accroissement des témoignages, le diocèse de Rouen s’engage à porter la voix des victimes au cœur de l'Église. Les efforts visant à rétablir la confiance et à soutenir les victimes semblent être plus cruciaux que jamais à l’heure où le besoin de transparence et de compassion se fait ressentir.







