Adoré par Alexandre Dumas et François Mitterrand, l’ortolan est une espèce protégée que l’on peine à déguster aujourd’hui.
L'ortolan, qu'est-ce que c'est ?
Proche du moineau, l'ortolan est un petit passereau que l'on retrouve surtout dans le sud des Landes. Clairement prisé depuis le Moyen Âge pour sa chair raffinée, cet oiseau était autrefois emprisonné vivant dans une cage métallique nommée matole. Pour éviter qu'il chante, il était placé dans une boîte sombre, puis engraissé au millet blanc avant d'être préparé dans de l'armagnac et un assaisonnement spécifique. Seuls les chefs comme Alain Ducasse savent encore concocter ce plat selon le rituel ancien, où l’oiseau se consomme entier, masqué sous une serviette pour profiter des arômes du mets sans être vu. Comme le souligne Alain Juppé, cet acte est presque mystique, une expérience culinaire inoubliable.
L'ortolan, vu par les experts
Bien que son avair ne soit guère ragoûtant, l'ortolan a captivé de célèbres fins gourmets tels que Napoléon III et Alexandre Dumas. Jean Coussau, chef étoilé, raconte comment même François Mitterrand aurait savouré ce délice lors de son dernier Nouvel An. Alain Ducasse évoque cette expérience gustative comme un moment incontournable dans la vie d'un épicurien. Maïté, célèbre pour ses émissions culinaires, partage son amour de l'ortolan avec une passion touchante, illustrant sa capacité à transporter quiconque le goûte vers les cieux gastronomiques.
Pourquoi c'est interdit ?
Malheureusement, cette tradition culinaire a fortement diminué depuis l'interdiction de sa chasse en 1999, en raison de la chute de sa population due au braconnage et à la destruction de son habitat naturel. Cette protection est régie par des lois strictes qui prévoient des sanctions sévères contre les chasseurs. Néanmoins, un marché noir a persisté jusqu'aux années 2000, bien qu'il soit largement en déclin aujourd'hui. Quelques imprudents tentent encore de faire exception à la règle, souvent sous la chape du secret.
Un appel à la tradition
Des chefs renommés comme Michel Guérard et Alain Ducasse se battent pour préserver cet héritage culinaire, plaidant pour une journée annuelle de dégustation d'ortolan afin de honorer les anciennes traditions. Bien que leur requête n'ait pas été acceptée, le débat reste vif, illustrant la lutte entre passion gastronomique et conservation de la biodiversité. La tragédie reste que la population de l'ortolan a chuté de 84 % en trois décennies, rendant sa réintroduction peu probable.
Un débat en cours
Dès le début du XXe siècle, la question de la souffrance des ortolans était posée, révélant un regard critique sur la gastronomie et ses exigences. Aujourd’hui, alors que de nombreuses voix s’élèvent pour promouvoir une consommation durable, les traditions culinaires se heurtent à la nécessité de protéger des espèces en danger. Cet affrontement entre gastronomie et éthique soulève des questions essentielles sur notre rapport à la consommation de la faune.







