Lorsqu’un héritier se retrouve face à la nécessité de déclarer une succession, il doit impérativement le faire dans un délai de six mois suivant le décès, accompagnée du paiement des droits afférents. Tout retard dans cette opération peut entraîner des pénalités notables.
Évaluation du patrimoine : un délai souvent trop court
- Un délai parfois insuffisant: Ce laps de temps peut ne pas être suffisant pour établir correctement la valeur des actifs concernés. En effet, le notaire doit se fier aux informations fournies par les héritiers, qui doivent inclure des évaluations par au moins deux agents immobiliers pour des biens immobiliers, ainsi que des relevés des établissements financiers pour les placements. Plus la succession est complexe, plus l’évaluation peut nécessiter du temps.
- Recours à une déclaration provisoire: Si les informations disponibles sont limitées, le notaire peut établir une déclaration provisoire afin d'honorer les délais, en rapportant uniquement les éléments connus. Cependant, des intérêts de retard s'appliqueront à toute déclaration effectuée après le sixième mois, calculés à 0,2% par mois pour l'année 2023.
Identité des responsabilités en cas de retard
- Retard non imputable au notaire: Il peut arriver qu’un retard ne soit pas de la responsabilité du notaire. Cela peut survenir si les héritiers l'ont contacté trop tard ou s'ils n'avaient pas les ressources financières pour s'acquitter des frais à temps. En revanche, si une faute de sa part entraîne un préjudice, sa responsabilité peut être engagée, et des recours peuvent être envisagés.
- Négligence et préjudice: Par exemple, dans un cas jugé par la Cour de cassation, une héritière a pu obtenir réparation des pénalités encourues à cause d'une déclaration tardive due à la négligence de son notaire. Ce dernier n’avait pas informé sa cliente du délai à respecter, ce qui a mené à des conséquences financières pour elle.
Options pour dénoncer la responsabilité du notaire
- Entamer les démarches avec le notaire: Il est conseillé de prendre rendez-vous avec le notaire en question pour discuter des préjudices subis et pour lui faire une demande formelle. Son assurance responsabilité pourrait alors couvrir votre préjudice.
- Escalader le litige: Si cette première approche échoue, formalisez votre demande par lettre recommandée. Vous avez également la possibilité de faire appel à un médiateur pour régler le conflit, à condition qu'il ne remonte pas à plus d'un an.
- Autres démarches: Vous pouvez également saisir le conseil régional des notaires par une réclamation écrite. En dernier recours, une action en justice peut être envisagée contre le notaire, afin de faire valoir vos droits avec l'aide d'un avocat.
- Changer de notaire: Si vous ne faites plus confiance à votre notaire actuel, sachez qu'il est possible de consulter un autre professionnel. Le nouvel notaire peut alors prendre en charge le dossier, avec le consentement du premier.







