À l'opposé des jardins occidentaux, le jardin chinois se distingue par sa quête d'harmonie et d'équilibre, offrant ainsi un espace propice à la méditation et à la contemplation. Analysons ici ses principes fondamentaux et ses caractéristiques essentielles.
Un parcours historique
Le jardin chinois est un art ancien, datant de plus de 3 000 ans. Ce savoir faire mêle diverses pratiques sacrées, reflet des traditions et de la culture chinoise. Son harmonie se base sur l'architecture, l'horticulture, mais également sur des disciplines artistiques telles que la calligraphie et la peinture. La philosophie du Feng Shui, visant à équilibrer les énergies d'un espace, y est également intégrée.
Les premiers jardins, apparus durant la dynastie Shang (vers 1600 à 1046 av. J.-C.), étaient utilisés comme espaces de loisir. Ce n'est qu'avec les dynasties des Tang et des Song que les concepts esthétiques ont commencé à émerger. Sous les dynasties Ming et Qing, ces jardins ont évolué en véritables chefs-d'œuvre, notamment prisés par les élites. Ces lieux de refuge et de méditation ont été influencés par le bouddhisme, le taoïsme et le confucianisme.
Une légende populaire évoque que le jardin chinois symbolise un paradis terrestre, situé au sommet d'une montagne, sur une île lointaine, entouré d'eau.
Les éléments clés du jardin chinois
Le jardin chinois se veut un reflet miniature de la nature dans un environnement construit. Sa symbolique repose sur la création d'un espace favorisant la réflexion, l'apaisement et la contemplation.
Les éléments fondamentaux comprennent :
- Les montagnes, symboles de force, sont représentées par des rochers minutieusement assemblés, imitant les structures naturelles.
- L'eau, représentée par des étangs et des rivières en mouvement, qui peuvent abriter des poissons tels que les célèbres carpes koi.
- La flore, avec des plantes emblématiques comme le lotus, le pin et le bambou, choisies plus pour leur symbolisme que pour leur aspect esthétique.
- Enfin, l'architecture, qui inclut pavillons, ponts et temples, favorise l'interaction entre l'humain et la nature.
Le jardin chinois est conçu pour inciter à la promenade et à l'exploration, révélant ses mystères au fur et à mesure que l'on s'y engage. Chaque recoin offre une nouvelle perspective, toujours en quête d'harmonie entre les éléments du Yin et du Yang.
Différences avec les jardins occidentaux
Les jardins chinois se différencient nettement des jardins à la française ou à l'anglaise. Ils ne s'appuient pas sur la symétrie rigoureuse ni sur des formes géométriques parfaites tant valorisées en Occident. Au contraire, le jardin chinois privilégie des aménagements naturels, évitant toute apparence de contrainte ou de domination humaine sur la nature.
Cette approche s'illustre également dans l'art botanical ancien du « penjing », précurseur du bonsaï japonais, qui cherche à capturer un paysage idéal en miniature.
Exemples remarquables
Le jardin Yu, situé à Shanghai et créé au XVIe siècle, combine architecture, flore et bassins, tandis que le jardin Yuanming Yuan, détruit en 1860, était l'un des plus vastes jardins impériaux de Chine. En France, le jardin Yili à Saint-Rémy-l'Honoré, le premier jardin traditionnel chinois privé, s'étend sur 10 000 m² et propose les éléments caractéristiques de cet art.







