Le Royaume-Uni, après son divorce avec l'Union européenne, semble plus que jamais tendre vers les modèles européens, notamment français. Cela est notamment souligné par une partie de la presse anglo-saxonne. Bloomberg, par exemple, indique que la stratégie de Starmer évoque une "solution à la française" pour répondre aux défis économiques britanniques. Cela se traduit par une augmentation des coûts de la main-d'œuvre, ce qui pourrait inciter les entreprises à privilégier les emplois qualifiés, au détriment de ceux mal rémunérés.
En 2022, alors qu'il était encore dans l'opposition, Starmer annonçait sa volonté de mettre un terme à la dépendance à une main-d'œuvre bon marché pour assurer la croissance de la Grande-Bretagne. Son plan vise à privilégier la qualité du travail plutôt que la quantité, critiquant un système où les entreprises préfèrent des emplois précaires à des investissements dans les nouvelles technologies.
Depuis son arrivée à la tête du gouvernement, Starmer a commencé à concrétiser ses promesses avec plusieurs initiatives, notamment l'augmentation du salaire minimum et la hausse des cotisations patronales. En 2024, une vaste réforme du droit du travail devrait être présentée, visant à garantir des droits aux salariés dès leur premier jour de travail.
Un taux de chômage désormais plus élevé qu'en Italie
Cette nouvelle approche a un coût pour les entreprises, comme l'indique Sanjay Raja, économiste en chef chez Deutsche Bank UK, qui souligne une augmentation significative du coût marginal du travail. Malgré cela, les investissements des entreprises ont progressé de 3,5 % l'année dernière, affichant la plus forte hausse depuis 2022. Cependant, ce chemin vers la productivité a aussi une conséquence négative : le taux de chômage a bondi à 5,2 %, atteignant son niveau le plus haut depuis cinq ans, et dépassant désormais celui de l'Italie.
Pour faire face à cette situation alarmante, le gouvernement travailliste a annoncé le déblocage d'un milliard de livres pour soutenir l'emploi chez les jeunes, en particulier ceux en situation d'exclusion.
Un sérieux retard de productivité
Tom Pugh, économiste chez RSM, fait remarquer que le Royaume-Uni ressemble de moins en moins aux États-Unis, tout en s'alignant davantage sur la France, en particulier en ce qui concerne le faible taux d'emploi des jeunes. Alors que les prélèvements obligatoires au Royaume-Uni atteignent 35 % du PIB, ceux de la France dépassent 43 %, et ce fossé semble se réduire avec le temps, au détriment des entreprises.
Avec des chiffres économiques préoccupants, de nombreux chefs d'entreprise critiquent les projets de loi du gouvernement qui augmentent le coût du travail et mettent en péril la flexibilité qui caractérisait le marché du travail britannique. Des discussions récentes ont révélé la frustration de certains dirigeants face à une législation qui pourrait finalement placer le Royaume-Uni dans une position comparable, voire moins favorable, que celle de ses voisins européens.







