Née d'une ambition audacieuse, Beond (prononcé 'Beyond') a pour objectif de redéfinir l'expérience de vol en offrant uniquement des sièges en classe affaires. Cette approche unique se traduit par une ambiance intime, où chaque passager bénéficie des mêmes services de luxe, allant des sièges inclinables à un service soigné. Les premiers vols, verts et responsables, reliant Londres aux Maldives, débuteront en décembre prochain.
Le concept de Beond s'inspire de l'univers du "jet privé partagé", ciblant une clientèle sélecte qui valorise le vol en tant qu'expérience immersive plutôt qu'un simple moyen de transport. Basée aux Maldives mais administrativement gérée depuis Dubaï, la compagnie vise à attirer ceux qui considèrent le voyage comme une partie intégrante de leurs vacances.
Une flotte pensée pour l'expérience
Beond exploite des Airbus A319 et A321, configurés uniquement en classe affaires avec respectivement 44 et 68 sièges. Un choix qui semble séduisant, mais la réalité pourrait être plus complexe. Contrairement à d'autres compagnies traditionnelles, Beond ne propose pas de cabines privées, surfant plutôt sur une ambiance conviviale et intime.
Les passagers sont partagés entre enthousiasme et scepticisme. Une cliente se plaint sur les réseaux :
"Si quelqu’un est couché à plat près de l’allée, il est impossible pour ceux près de la fenêtre d’accéder aux toilettes".La réponse de Beond souligne que leur configuration est pensée pour des groupes, notamment des familles se rendant aux Maldives.
Le journaliste aéronautique, Rhys Jones de Head for Points, résume son expérience en soulignant que "ceux dépassant les 1,80m pourraient avoir des difficultés à se détendre correctement en position allongée". Un retour qui soulève des doutes sur le confort promis.
Les défis d'un modèle unique
Beond se distingue par son focus exclusif sur une seule destination, un choix audacieux mais risqué. L'histoire de l'aviation montre que les modèles similaires connaissent souvent des échecs. Des compagnies comme Eos et MAXjet, qui avaient tenté leur chance sur des liaisons exclusives, ont disparu en 2008, souvent à cause de leur manque de flexibilité et de programme de fidélité.
Un rapport qualité-prix questionné
En prenant un tarif d'exemple, un aller-retour Paris-Malé avec Beond en option 'Opulence' est proposé à 4.547 euros. Comparativement, Air France, avec des services bien établis et des lounges de qualité, facture environ 6.911 euros pour un vol direct d'environ 9h45. C’est une différence significative, mais la comparaison des expériences reste à apprécier.
Dans un contexte où les voyageurs sont de plus en plus exigeants sur la qualité des expériences de voyage, Beond pourrait séduire une clientèle moins attachée aux programmes de fidélité. Son projet d’ouvrir une base à Bahreïn pour renforcer son offre de luxe plane comme une promesse d'expansion.
Alors que Beond commence son aventure, la communauté du voyage attend avec impatience d'évaluer si cette initiative sera un succès ou un énième exemple d'innovation mal placée dans un marché hautement compétitif.







