Cuba, un pays de près de 10 millions d'habitants, fait face à une crise énergétique sans précédent. Il n’a pas importé de pétrole depuis le 9 janvier dernier, lorsque le Mexique a cessé d’exporter des carburants sous la pression des États-Unis.
Ce mardi, un pétrolier russe sous sanctions, l’Anatoly Kolodkin, est attendu à Cuba avec 730 000 barils de brut. Ce navire défie ainsi le blocus américain imposé sur l'île communiste, qui est actuellement en proie à de sévères pénuries d’énergie. Selon la société d'analyse maritime Kpler, le pétrolier se dirigeait dimanche vers le port de Matanzas, après avoir été repéré au nord d’Haïti. Donald Trump, ancien président américain, a minimisé l'importance de cet événement. « Si un pays souhaite envoyer du pétrole à Cuba, ça ne me pose aucun problème, que cela vienne de la Russie ou d'ailleurs », a-t-il déclaré récemment.
L’expert en énergie cubain Jorge Piñón, de l'université d'Austin, a exprimé sa surprise que les États-Unis n'aient pas tenté d'intercepter le navire avant qu'il n'approche Cuba. « Une fois entré dans les eaux cubaines, il sera pratiquement impossible pour Washington de l'arrêter », a-t-il soutenu.
Le Venezuela, autrefois principal fournisseur de Cuba, n'est plus en mesure de soutenir l'île à cause des tensions politiques. La capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines a eu un impact direct sur l’approvisionnement pétrolier cubain, qui subit régulièrement des coupures de courant pouvant atteindre plus de 20 heures.
Les mesures de rationnement mises en place par le président cubain, Miguel Diaz-Canel, ainsi que la flambée des coûts des carburants, compliquent davantage la situation. Le gouvernement américain a récemment assoupli certaines sanctions sur les hydrocarbures russes, tout en réaffirmant que ces derniers ne peuvent pas être livrés à Cuba ni à la Corée du Nord.
Alors que le Kremlin, en pleine discussion avec Cuba sur des aides potentielles, semble renforcer ses liens avec l’île, le besoin immédiat de l'île est le gazole, surtout pour faire fonctionner les groupes électrogènes et les transports essentiels. Avec la cargaison russe, Cuba pourrait espérer recevoir jusqu’à 250 000 barils de gazole, suffisant pour 12,5 jours de consommation.
Enfin, il convient de noter que l’Anatoly Kolodkin avait chargé son pétrole à Primorsk, en Russie, le 8 mars, escorté à travers la Manche par un navire de la Marine russe. Les deux vaisseaux ont toutefois séparé leurs routes une fois dans l'océan Atlantique.







