La compagnie aérienne nationale Air China a annoncé la reprise de ses vols directs entre Pékin et Pyongyang, marquant un tournant significatif après six années d'interruption. Ce retour intervient dans un contexte de lente ouverture graduelle de la Corée du Nord.
Le vol CA121, un Boeing 737-700, a décollé de l'aéroport international de Pékin-Capitale et a atterri à l'aéroport Sunan de Pyongyang avec une avance de plus de 20 minutes, selon le site de suivi FlightStats.
Cette reprise des opérations par Air China, interrompues depuis 2020 à cause de la pandémie de Covid-19, intervient alors que la compagnie nord-coréenne Air Koryo avait déjà relancé des vols vers Pékin depuis 2023. Cela reflète l'importance des relations entre les deux nations asiatiques, d'autant plus avec le redémarrage récent du trafic ferroviaire entre Pékin et Pyongyang, relancé en mars dernier.
Les détails concernant le nombre de passagers du vol CA121 n'ont pas été révélés dans un premier temps. Ce vol, qui peut accueillir jusqu'à 128 passagers, n’a pas généré de réponse immédiate de la part d'Air China aux demandes de l'AFP.
Il convient de noter que les restrictions nord-coréennes en matière de visas continuent de limiter l'accès au pays, n'autorisant que les voyageurs ayant des motifs d’affaires, d'études ou des liens familiaux à franchir la frontière.
Lors de l'enregistrement à l'aéroport de Pékin, Zhao Bin, un homme d'affaires chinois, était l'un des rares passagers à destination de Pyongyang. Il exprime l'espoir que le redémarrage des opérations d'Air China facilitera les déplacements des personnes voyageant fréquemment entre les deux capitales.
« Je souhaite voir des relations encore plus fortes entre les deux nations, qui se considèrent déjà comme des frères », a-t-il déclaré, espérant une augmentation des vols et des échanges.
Les billets en classe économique sont proposés à environ 174 euros, avec un vol retour prévu à midi. Air China a annoncé qu'elle reliera Pékin à Pyongyang tous les lundis.
Malgré les tensions entourant le programme nucléaire nord-coréen, la Chine demeure un allié stratégique pour Pyongyang. Lim Eul-chul, spécialiste des affaires nord-coréennes à l'université Kyungnam en Corée du Sud, souligne que la guerre en Iran renforce la nécessité d'une collaboration plus étroite entre les deux pays.
Rappelons que la liaison ferroviaire entre la Chine et la Corée du Nord a repris le 13 mars. Bien que la Chine ait rouvert ses frontières en 2023, l'accès à la Corée du Nord reste fortement contrôlé.
Avant la pandémie, les visiteurs chinois représentaient la majorité des touristes en Corée du Nord, avec environ 350,000 en 2019. En revanche, seulement environ 5,000 touristes occidentaux se rendaient chaque année dans le pays, avec une prédominance américaine, d’après des analyses du site NK News.
Récemment, la Corée du Nord a également commencé à accueillir des touristes russes en 2024, tandis que des voyagistes occidentaux ont brièvement repris leurs activités en février 2025.







