La FNSEA, le principal syndicat agricole français, tient son congrès à Caen jusqu'à jeudi, un événement crucial visant à renouveler son conseil d'administration tout en esquissant une vision stratégique pour le secteur. Ce rendez-vous intervient dans un contexte difficile, marqué par des turbulences internationales et des rivalités internes.
À la tête du syndicat depuis trois ans, Arnaud Rousseau, 52 ans, également président du groupe Avril, sollicite un nouveau mandat. Actuellement le seul en lice, il est largement attendu qu'il soit réélu par le nouveau conseil d'administration le 16 avril prochain.
Les détails sur la composition de ce nouvel organe composé de 68 membres, représentant diverses filières et régions, seront divulgués mercredi soir, après des discussions initiales tenues à huis clos dès mardi.
Un des moments clés de ce congrès sera l'adoption d'un rapport d'orientation, un document que la FNSEA aspire à faire une référence pour les candidats à l'élection présidentielle de 2027. Ce rapport vise à apporter une direction claire face à un déclin jugé préoccupant de l'agriculture française, tel qu'affirmé par plusieurs experts dans le domaine.
Traditionnellement dominant, la FNSEA doit maintenant faire face à une concurrence croissante, notamment de la part de la Coordination rurale. Cette dernière a engrangé des succès notables, y compris la présidence de certaines chambres d'agriculture, séduisant des membres par son message critique et ses actions frappantes, comme l'ont souligné plusieurs journalistes agricoles.
Avec ses 212 000 membres, la FNSEA défend une position forte sur la souveraineté alimentaire et l'importance de la compétitivité au sein de l'Union européenne. Ces dernières années ont vu une association d'agriculteurs plus diversifiée, et il est crucial pour la FNSEA de maintenir sa pertinence.
En tant qu'interlocuteur privilégié des autorités, la FNSEA veut rester un acteur clé en matière de propositions et d’amendements politiques, comme l'a affirmé son président. Ce dernier a récemment rencontré le Premier ministre, qui a promis d'examiner des aides supplémentaires en réponse à la hausse des coûts des carburants et des engrais, jugées insuffisantes par de nombreux agriculteurs, comme rapporté par France Bleu.
En parallèle, la FNSEA navigate entre les exigences de ses membres et la nécessité de coopérer avec l'État. Tout en s'opposant à certaines politiques, comme le traité de libre-échange avec le Mercosur, le syndicat a pris une position isolée sur des questions sanitaires cruciales, telle que la gestion de la dermatose bovine.
Le congrès se conclura jeudi par une intervention de Rousseau, suivie d'un discours de la ministre de l'Agriculture, Anne Genevard. Cette présence ministérielle, souvent-perçue comme un symbole de « cogestion », soulève des débats au sein de la communauté agricole.







