En raison de l'augmentation constatée des arrêts de travail jugés abusifs, un nombre croissant d'employeurs choisissent de recourir à des détectives privés pour vérifier la légitimité des absences de leurs employés.
L’Assemblée nationale va discuter le 1er avril d'un projet de loi visant à lutter contre les fraudes sociales et fiscales, une priorité pour le gouvernement qui espère récupérera deux milliards d’euros. Parmi les types de fraudes, on trouve les arrêts de travail abusifs, qui auraient coûté 30 millions d’euros à l’Assurance maladie en 2024.
Depuis 2019, le nombre d’arrêts maladie ne cesse d’augmenter. Selon l’assureur Axa, le taux d’absentéisme a atteint 4,8 % l'année dernière. Partant de ce constat, plusieurs employeurs cherchent à vérifier la légitimité des absences, utilisant parfois des détectives privés pour les aider.
À Lyon, Charles-François Chazit, détective privé, nous dévoile sa méthode. Dès 7 heures du matin, il observe discrètement le domicile d'un salarié en arrêt. "Je prends une photo. Voilà, 8h20, sortie de la cible. Je m'assure de ne pas être visible", explique-t-il, assimilant sa mission à un jeu de stratégie.
Dans ce cas précis, l'employeur soupçonne son salarié de profiter de son arrêt pour monter une entreprise concurrente. Charles-François se fond dans le paysage, en restant en retrait et en minimisant le bruit. "Il faut savoir voir sans être vu", confie-t-il.
Des demandes en hausse
Cette surveillance peut coûter 2.500 euros. Selon le détective, la traque aux faux arrêts maladie constitue un tiers de son activité. Les demandes augmentent, particulièrement concernant des arrêts liés à des accidents du travail ou à des situations d'inaptitude professionnelle, qui peuvent ouvrir droit à des indemnités plus substantielles.







