En réponse à l'envolée des prix du carburant, le Département de Meurthe-et-Moselle a annoncé, le 2 avril, une aide exceptionnelle destinée aux aides à domicile. Celle-ci consiste en une revalorisation de trois centimes par kilomètre, ce qui équivaut à peu près à une augmentation de 20 centimes par litre de carburant pour les salariés de ce secteur crucial.
Ces professionnels, déjà confrontés à une situation financière fragile, se retrouvent particulièrement en difficulté en raison de la hausse des coûts de déplacement. Dans le département, les aides à domicile touchent actuellement une indemnité de 38 centimes par kilomètre. La nouvelle mesure vise à apporter un soulagement indispensable au moment où ces travailleurs doivent utiliser leur véhicule personnel pour se rendre sur divers lieux de travail.
Avec environ 3 500 aides à domicile recensées dans la région, dont 2 500 en équivalent temps plein, l'impact de cette aide est significatif. Catherine Boursier, 1ère vice-présidente déléguée à l’autonomie au sein du Conseil départemental, souligne que beaucoup d'entre eux ont des emplois à temps partiel, ce qui entraîne des revenus parfois en dessous du SMIC. "Cela devient une charge extrêmement lourde pour un grand nombre d’entre elles de mettre de l’essence dans leur véhicule pour aller remplir leurs missions", explique-t-elle.
Cette initiative n'est pas seulement une question de bien-être des employés, mais elle vise également à garantir la continuité des soins pour les 10 700 bénéficiaires de l'Allocation personnalisée à l'autonomie (APA) et de la prestation compensatoire de handicap. "L'idée, c'est que les personnes âgées et celles en situation de handicap à domicile puissent bénéficier des services dont elles ont besoin pour vivre au quotidien", ajoute Boursier. Malheureusement, la pression économique a déjà conduit certains aides à domicile à renoncer à leur travail faute de moyens.
Cette aide exceptionnelle pourrait engendrer un coût compris entre 200 000 et 250 000 euros. "C'est un signe fort de reconnaissance pour le métier des aides à domicile, qui sont essentielles pour les personnes âgées", déclare Boursier. Elle espère, par ailleurs, que l'État emboîtera le pas. "Nous faisons notre part, certaines entreprises également, mais nous attendons clairement un soutien au niveau national."







